Quel avenir pour le hockey autrichien privé de son sponsor ?

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C’est la première fois depuis l’internationalisation de la ligue autrichienne en 2006 qu’elle se déroulera sans clubs de l’ex-Yougoslavie. Après les clubs slovènes qui n’avaient pas pu suivre la cadence financièrement, ce sont les Croates du Medvescak Zagreb qui ont explosé en vol la saison dernière. Il n’y aura donc que 11 clubs au départ : un temps évoqué pour compléter le panel, Feldkirch a reporté sa candidature en 2020 par manque de temps de préparation.

Avoir un nombre impair de participants faisant un peu tâche, les dirigeants de la ligue ont communiqué en fin de saison dernière sur l’énorme croissance économique de la ligue en deux décennies, mais aussi sur son intérêt sportif : 4 champions différents sur les quatre dernières années, 42% des rencontres avec un seul but d’écart (et même 56% en play-offs). Dans le même temps, la ligue a répondu à une forte attente en limitant le nombre d’étrangers à 11, alors qu’il était jusqu’ici possible d’en aligner jusqu’à 13.

Cette opération de communication de la ligue paraît encore plus indispensable depuis l’information qui a choqué le hockey autrichien en octobre : le sponsor Erste Bank se retire du hockey sur glace en fin de saison. Cela fait 17 ans que la banque donne son nom à la ligue, une durée très longue pour ce genre de partenariat. Toute l’Europe s’était habituée à parler d’EBEL pour évoquer la ligue autrichienne élargie, en oubliant que cette « Erste Bank Eishockey Liga » n’était qu’un nom sponsorisé par nature éphémère. Ce sont 2,35 millions d’euros annuels (dont un tiers était distribué aux clubs) qui ne rentreront plus dans les caisses, ce qui pourrait mettre en difficulté les petits clubs. En plus, le contrat de télévision gratuite avec ServusTV est échu en fin de saison (la chaîne possédée par Red Bull ne diffuse que les play-offs sur la télévision proprement dite, la saison régulière n’étant visible que sur internet), et celui avec la télévision payante Sky s’achève en 2021. La ligue doit donc réfléchir de zéro à son concept, et envisage de produire elle-même ses images, mais cela a un coût.

Or, l’argent viendra à manquer sans nouveau mécène. Les ligues des moins de 20 ans et des moins de 18 ans (EBYSL et EBJL) pourraient être les premières sacrifiées, en rendant leur organisation à la fédération autrichienne. Mais il faut savoir que la fédération elle-même est sponsorisée par Erste Bank, et qu’elle est donc autant impactée, voire plus car ses ressources sont plus faibles. Juste avant de partir en Asie pour son voyage de noces, le président de la fédération autrichienne Gernot Mittendorfer (qui était comme par hasard directeur financier de Erste Group Bank avant un changement complet de dirigeants cet été…) a reçu un cadeau de mariage particulier, celui de devoir informer ses collaborateurs de la fin du partenariat. Face aux articles de presse alarmistes, la fédération a cependant publié un communiqué précisant que son propre contrat avec Erste Bank était signé jusqu’en 2021. Ce qui reporte le problème, mais ne le résout pas.

Le panorama complet de la ligue autrichienne.

 

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