La Suisse ronge son frein face au Covid comme les autres

404

Comme tous les pays en Europe sauf un, le championnat de Suisse n’a pu être mené à son terme. Le déroulement de la saison, que nous détaillons ici, a eu comme héros Pius Suter, meilleur marqueur convoité par les franchises de NHL, mais aussi Roman Cervenka, meilleur marqueur si l’on tient compte de la moyenne de points par match. L’anti-héros a été le club tenant du titre Berne, dont la saison chaotique a ouvert la voie à la nomination historique d’une femme directrice sportive (Florence Schelling), un fait sur lequel nous reviendrons dans un autre article consacré aux dirigeantes demain.

Les play-offs annulés ont aussi fait de grands frustrés, le moindre n’étant pas l’entraîneur français Laurent Perroton qui lorgnait de très près sur l’accession à la LNB (Swiss League) avec Martigny… La ligue suisse a en effet décidé de figer les positions en championnat.

Cela profité dans le sens inverse aux « Ticino Rockets » qui auraient pu descendre de LNB. Mais même en évitant la descente qui se profilait, ce club est dans la tourmente : le HC Biasca, qui en constituait le club support, s’est retiré du projet parce qu’il n’avait pas voix au chapitre, pas plus que Lugano, autre actionnaire. Ces clubs reprochent à Ambrì-Piotta d’agir selon ses volontés. Ambrì a aussitôt déclaré son intention de continuer le projet avec le soutien de deux autres actionnaires (Bellinzona et Davos). Cette équipe-ferme « partagée » pourrait donc continuer à accueillir les prêts de joueurs d’Ambrì, Davos et Lugano.

Les clubs en difficulté peuvent être rassurés pour une autre perspective. Une proposition sera discutée à l’assemblée générale de juin d’annuler la relégation la saison prochaine et peut-être donc de passer l’élite suisse à 13 clubs en 2021/22, voire à 14 en 2022/23, de manière sans doute transitoire. Des solutions évoquées pour limiter les risques à court terme dans un contexte financièrement incertain.

L’essentiel a été préservé. Le détenteur des droits télévisés (UPC) avait déjà versé 30 millions de francs suisses pour la saison (28,5 millions d’euros), et ne devrait pas revenir sur cette source de financement majeure. Les clubs ne devront renoncer qu’à la partie variable de l’accord, un impact de moins de 200 000 francs suisses chacun qui s’ajoute aux recettes perdues en fin de saison. Du côté des dépenses, les joueurs de Bienne avaient renoncé à leur prime de qualification en play-offs.

Comme les autres pays européens, la Suisse a mis en place de systèmes de protection : les salaires des sportifs professionnels sont couverts comme ceux des autres salariés à hauteur de 80% par le dispositif de chômage partiel. Toutefois, cela ne vaut que pour des salaires jusqu’à 140 000 francs suisses par saison et ne couvre donc pas les rémunérations supérieures des joueurs majeurs. Des crédits de trésorerie à hauteur de 10% du budget ont aussi été débloqués pour les clubs professionnels.

Reste pour la fédération la problématique de l’annulation des championnats du monde à Zurich et Lausanne. Le report à 2021, un temps espéré, engendrerait des coûts supplémentaires, et empêcherait de faire jouer les assurances d’annulation. Et bien évidemment, comme les Mondiaux sont attribués jusqu’en 2025, les organisateurs des éditions suivantes ne sont pas d’accord. Bélarus et Lettonie tiennent à leur co-organisation 2021 (le Bélarus, seul pays où le sport continue, avait même proposé de récupérer l’organisation 2020 dès les premières annonces sur le coronavirus en Europe de l’ouest…). Le premier tournoi disponible est celui de 2026, mais avec les JO 2026 organisés dans l’Italie voisine, la date est peu favorable pour la Suisse. Ce pays est comme tous les autres contraint à puiser dans une qualité qui lui a souvent été attribuée : la patience…

Les commentaires sont fermés.

On vous envoie quelques cookies, c'est juste pour suivre notre audience, vous pouvez refuser de les recevoir si vous le voulez ! Accepter En savoir plus

at venenatis tristique dolor. odio ut mattis