La ligue autrichienne a fait sa mue

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Comme nous l’avions expliqué dans l’article similaire de l’an dernier, il faudra se déshabituer à parler d’EBEL pour évoquer la ligue autrichienne élargie, ce qu’on s’était toujours efforcé d’éviter en sachant que ces initiales étaient celles d’un sponsor. Elle s’est désormais dotée d’une dénomination pérenne, indépendante de ses contrats publicitaires, ICE HL pour « International Central European Hockey League ». Pour autant, elle a bien réussi à trouver un sponsor qu’elle accolera à son nom, le site de paris en ligne bet-at-home. Elle a également retrouvé un nouveau partenaire de télévision gratuite, Puls 24, chaîne relayée sur les réseaux câblés qui diffuse un match chaque dimanche.

La ligue a changé de nom, mais aussi de président. L’élection de Jochen Pildner-Steinburg (président de Graz) en janvier 2020 avait dans un premier temps été invalidée : 4 voix pour, 2 contre, 5 abstentions. Karl Safron (Klagenfurt) avait alors assuré la présidence par intérim. Mais après un recours juridique, Pildner-Steinburg a obtenu que les abstentions ne soient pas prises en compte et a donc été élu (avec une majorité de 4 à 2) avec près de six mois de retard. La fédération autrichienne (ÖEHV) a elle aussi un nouveau président : Klaus Hartmann (Villach) a été élu avec une courte avance (133 à 121) à la place du sortant Gernot Mittendorfer.

Comme partout en Europe, la ligue a vu sa saison 2019/20 s’achever prématurément à cause de la pandémie de Covid-19. Les discussions avec le vice-chancelier et ministre de la culture et des sports Werner Kogler puis avec le ministre de la santé Rudolf Anschober (tous deux membres du parti vert au pouvoir en coalition avec les conservateurs) se sont déroulées assez vite. Dès fin juin, Kogler a annoncé que les manifestations sportives seraient autorisées jusqu’à 5000 personnes à partir du 1er septembre, à condition de respecter des règles de distanciation sociale et l’autorisation des administrations locales. La capacité serait forcément réduite en fonction de la taille des patinoires, mais suffisante pour redémarrer. Du moins en Autriche… Le caractère international de la ligue compliquait les décisions et multipliait les scénarios. Finalement, seuls les Tchèques de Znojmo – ville frontalière dépendante du tourisme des casinos – manquent à l’appel. Le championnat se joue encore à 11 équipes puisque les Capitals de Bratislava les remplacent.

Là encore comme partout en Europe, la seconde vague est venue modifier les plans. En octobre, la capacité des patinoires autrichiennes était réduite à 1000. Pendant qu’AV19 pouvait encore remplir ses tribunes à 50% (parce que la Hongrie sous-estimait grandement la seconde vague qui n’a cessé d’y croître depuis), l’Italie et la Slovaquie n’autorisaient plus aucun public. Lors du dernier week-end d’octobre, tous les matches ont été annulés car toutes les équipes étaient infectées par la Covid. Après un arrêt complet de deux semaines (du 23 octobre au 8 novembre), le championnat a repris à huis clos avec des tests systématiques et des règles spéciales : si elles ont 3 joueurs ou moins à l’isolement à cause d’un test positif, les équipes jouent normalement ; au-dessus de trois malades, une nouvelle « Corona-Kommission » décide de la tenue du match. Les clubs s’efforcent de tenir leur trésorerie jusqu’à janvier, lorsque les nouvelles aides gouvernementales pour le sport de haut niveau (couvrant la période d’octobre à décembre) seront versées.

Notre panorama du hockey autrichien analyse la situation et permet de revoir au passage plusieurs noms bien connus en France. Il explique la génèse du club de Bratislava qui essaie d’exister par antithèse du Slovan, et aussi l’incroyable feuilleton de l’été qui a vu Linz se déchirer entre un président solitaire et des putschistes ayant fondé un club concurrent.

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