Après la première journée de ce Mondial U20 de Division 1A, la Norvège et l’Autriche sont déjà devant tout le monde avec trois points. Cette équipe autrichienne semble la seule à pouvoir rivaliser avec les Scandinaves pour la montée dans l’élite. Elle peut compter sur 14 joueurs déjà présents l’an passé dans cette même patinoire de Bled. Le défenseur-vedette Gregor Biber, quart de finaliste du dernier championnat du monde senior, est arrivé vendredi après avoir joué la veille en SHL à Rögle. Son expérience du haut niveau est donc sans égal ici. L’Autriche a même la chance de ne compter aucun absent : le super-espoir du pays Paul Sintschnig a guéri dans un délai record de sa blessure à l’épaule à la Deutschland Cup. Pour les Français, tout point serait bon à prendre mais il s’agit surtout de se rassurer après la déroute 2-8 face à la Norvège.
L’équipe de France rivalise dans les duels en début de match. Elle se met néanmoins en difficulté par un surnombre après cinq minutes de jeu. Or, l’Autriche avait réussi un 2/4 en powerplay lors sa victoire 5-2 sur la Slovénie hier… Baptiste Boudet – de nouveau titularisé malgré sa sortie en cours de route hier – doit déjà s’interposer face à une reprise de près de Vasily Zelenov sur passe de derrière la cage de Krainer. Au moment où la pénalité s’achève, ce même Zelenov signe une superbe passe en pivot qui décale Konstantin Hutzinger au cercle droit pour une reprise rasante et gagnante (1-0).
La mission se complique car cette Autriche ne laisse pas d’espaces en défense. La France ne compte toujours aucun tir cadré et les rouges s’emparent maintenant plus durablement de la possession. Les Bleuets souffrent dans leur zone et ont de plus en plus de mal à se dégager. Si la Norvège les mettait en difficulté par sa circulation du palet, les jeunes Français sont cette fois étouffés par l’intensité physique et le marquage serré des Autrichiens. Une réparation à la jointure d’un plexi leur permet de souffler.
La reprise du jeu assomme les tricolores. La passe aveugle du revers de Zelenov est reprise par Hutzinger oublié face au but (2-0). Deuxième passe géniale, deuxième but, mais surtout un grand moment d’inattention collective qui rappelle le premier match. Ce Vasily Zelenov, formé à Moscou avec son frère jumeau Ivan et naturalisé autrichien après avoir rejoint l’académie de Salzbourg, est un lointain choix de draft de Buffalo (septième tour) qui fait une belle première année dans une très bonne université de NCAA (Wisconsin).

Robinson Djian est pénalisé lors d’un duel dans la bande en zone neutre, mais un cinglage est aussi sifflé contre Neumann peu après. Le 4 contre 4 ne donne rien, mais un palet dégagé en tribune par Schnabl change tout. L’offensive française, atone tout le reste de la période, apporte un danger constant pendant deux minutes. Tom Vidal passe de derrière la cage pour Hugo Cal, qui échoue de près sur le gardien. Finalement, même si le one-timer d’Alexandre Monarque n’est pas le lancer du siècle, il se faufile entre les bottes du gardien Patrick Grascher, qui est le possible point faible de l’Autriche (2-1). Paul Le Lem décale même du revers Antonin Fine pour une dernière contre-attaque avant la pause.
La France garde cet élan en deuxième période. Monarque tente sa chance entre les cercles. Et puis, voilà que la malchance se conjugue à une erreur individuelle. Noa Besson perd le palet dans sa zone au moment où Jribi-Chauvière perd sa crosse sur une mise en échec. Le capitaine Johannes Neumann hérite du palet et le renvoie dans le slot où Paul Sintschnig – avec Paulin Hostein sur le dos – passe en retrait pour Jonathan Oschgan, tout seul face au but puisque l’autre défenseur français est sans bâton et impuissant (3-1).
Le jeu est équilibré même si les Bleuets se procurent peu d’occasions. Mais l’Autriche est plus efficace. Johannes Neumann remporte une mise au jeu en zone offensive face à Mathis Dufour et Leon Kolarik place un tir du poignet qui bat Boudet à mi-hauteur côté plaque (4-1). Sur l’engagement, Zelenov arrive seul au but et Noa Besson lui donne un coup de crosse pour gêner son tir. Voilà la France en infériorité numérique, mais Krainer bute sur Boudet à bout portant. Le carré Zwuikel-Haag-A.Hostein-Riu finit complètement cramé après deux minutes à défendre dans sa zone, mais il sort avec la satisfaction de ne pas avoir pris d’autre but. L’équipe de France semble partie pour finir le deuxième tiers avec une présence en zone offensive… mais se fait sanctionner pour surnombre pour la seconde fois.

La boîte française maintient les Autrichiens dans le périmètre lors du retour au jeu, mais c’est encore une longue présence de 2 minutes qui se poursuit longtemps à 5 contre 5, cette fois pour le quatuor Guidoux-Pfirter-Le Lem-Djian. Pas la meilleure façon de se mettre en jambes dans un début de tiers. Forcément, les Bleuets ont ensuite un peu de mal à réenclencher la marche avant. La séquence n’a toutefois pas fait perdre à Paul Le Lem son aisance technique avec le palet, il le prouve à chaque présence… et il finit même par marquer sur un tir lointain dans l’axe à travers une forêt de jambes (4-2). Le défenseur Jolan Pfirter s’était bien positionné dans le slot pour masquer le gardien adverse.
La France peut de nouveau y croire. Arthur Hostein arrive à transmettre le palet juste avant une mise en échec de Gruber et Hugo Cal peut alors centrer pour la reprise de Darcy Terglav… sur le poteau. Le bel élan des Bleuets est arrêté par une pénalité sifflée très sévèrement contre Arthur Hostein, mais Antonin Fine s’arrache en infériorité pour partir en contre-attaque et provoquer la faute de Biber. Olivier Dimet n’hésite pas à sortir son gardien pour jouer à 6 contre 4 quand ses joueurs installent la possession. Une pression qui continue à 6 contre 5 mais qui reste vaine.
Même si la France est à zéro point, essayons de garder le positif, notamment dans les progrès constatés y compris au cours de se second match. En attendant de voir qui sortira du lot contre les adversaires à battre, nous optons pour mettre en avant plutôt un joueur de l’ombre, Nathan Riu : le Grenoblois joue assez simple mais est précieux par sa vivacité sur les premières foulées, qui lui a notamment permis de conquérir et de sortir des palets en infériorité numérique.
Désignés joueurs du match : Maurice Zwikel pour la France et Jonathan Oschgan pour l’Autriche.
Autriche – France 4-2 (2-1, 2-0, 0-1)
Lundi 8 décembre 2025 à 12h30 à la Ledena Dvorana de Bled (SLO). 187 spectateurs.
Arbitres : Gergely Gebei (HON) et Oskar Øvstedal (NOR) assistés de Christopher Dehn (NOR) et Niko Jusi (FIN).
Pénalités : Autriche 6’ (4’, 0’, 2’) ; France 10’ (4’, 4’, 2’).
Tirs : Autriche 24 (7, 9, 8) ; France 19 (7, 3, 9).
Évolution du score :
1-0 à 06’41” : Hutzinger assisté de V. Zelenov et Neumann
2-0 à 13’28” : Hutzinger assisté de V. Zelenov et Oberhauser
2-1 à 18’50” : Monarque assisté de Guidoux et Nsonsa Kitala (sup. num.)
3-1 à 21’57” : Oschgan assisté de Sintschnig et I. Zelenov
4-1 à 32’34” : Kolarik assisté de Neumann
4-2 à 49’22” : Le Lem assisté de Pfirter et Cal
Autriche
Attaquants :
Leon Kolarik (+1) – Johannes Neumann (C, +2, 2’) – Felix Haibock (+1)
Paul Oberhauser – Vasily Zelenov (+1) – Konstantin Hutzinger (+1)
Luca Kogler – Adrian Gesson – Benedikt Krainer (+1)
Jonathan Oschgan (+1) – Ivan Zelenov (+1) – Paul Sintschnig (+1)
Défenseurs :
Gregor Biber (A, 2’) – Paul Reiner (+1)
Jakob Schnabl (+1, 2’) – Fabian Baumann
Johannes Gruber (+1) – Nico Uschan (+1)
Gerrit Bohs (+1)
Gardien :
Patrick Grascher
Remplaçant : Luca Haitzmann (G). En réserve : Leandro Djuric (G), David Waschnig (A).
France (4’ pour surnombre)
Attaquants :
Paul Le Lem (A, +1) – Tom Vidal – Robinson Djian (-1, 2’)
Noa Nsonsa Kitala (-1) – Alexandre Monarque (-2) – Mathis Dufour (-1)
Noa Besson (-1, 2’) – Antonin Fine (C) – Nathan Riu
Arthur Hostein (-1, 2’) – Darcy Terglav (-1) – Hugo Cal (-1)
Défenseurs :
Maurice Zwikel (A, -1) – Yannick Haag
Paulin Hostein (-2) – Ewen Jribi-Chauvière (-1)
Robin Guidoux (-2) – Jolan Pfirter (-1)
Gardien :
Baptiste Boudet [sorti de 58’08” à 58’13” et de 58’39” à 60’00”]
Remplaçants : Maxim Lavoie (G), Ilmari Vial (D), Kilian Alves Pereira (A).









































