Rouen – Grenoble (Ligue Magnus, 18e journée)

Vendredi noir et fin de série

246

Vendredi noir et fin de série !

C’est le quatrième match de suite à guichets fermés sur l’île Lacroix pour ce sommet de ligue Magnus, entre Rouen et Grenoble. Un menu qui ne devrait pas permettre aux Dragons de s’endormir après leur élimination en huitième de finale de la ligue des champions face à Salzbourg, il y a trois jours, quand les Brûleurs de Loups étaient, eux, contraints, mardi, de s’entraîner, faute de compétition, éliminés de la coupe de France.

Les deux équipes démarraient prudemment avec un rythme, presque lent parfois, à peine troublé par des percées de Colotti (3’11), Fleury (4’20), Lampérier (5’16) et Bisaillon (5’43). Dans ce faux rythme, en relance, une très mauvaise longue passe aveugle de Fabien Colotti, pourtant pas pressé, le long de la bande à droite, était très bien exploitée par Dominik Kramar qui tenait justement sa ligne bleue. L’arrière slovaque payait le prix d’une charge de Nesa, mais parvenait à ajuster une passe précise pour Denny Kearnay qui avait flairé le bon coup en loup du slot, seul entre les oreilles. Le meilleur pointeur de la ligue ouvrait la marque  à mi-hauteur (0-1 à 6’21).

Ni transcendant, ni sous l’eau, le RHE obtenait une première supériorité au cours de laquelle… Damien Fleury eut la meilleure occasion (12’04) ! Sur leur deuxième avantage numérique, les Normands, catastrophiques, n’y étaient pas du tout. En moins d’une minute, ils encaissaient deux buts dans le même jeu de puissance ! D’abord, amorphes, ils laissaient Christophe Tartari dévaler toute la patinoire, déborder, et en bas du cercle gauche, lancer sur un Pintaric chancelant, encaissant sur le coup un mauvais but entre ses jambières, à cause d’un arrêt incomplet (0-2 à 15’50).

Ainsi mené, on pensait le réveil assez difficile comme cela. Apparemment non pour les coéquipiers de Mathieu Roy. Toujours pendant la prison de Magovac, Florian Chakiachvili, était trop approximatif en sortie de zone, lorsqu’il exécutait une trop courte passe dans son dos (encore une !) à destination de Thinel, dont la longue crosse ne pouvait corriger l’erreur de son coéquipier, et que Damien Fleury mettait à profit. En duel face au portier local, le préretraité international, détonant, à l’énergie explosive et aux mains de fer, crucifiait le meilleur gardien de la ligue, d’un lancer net des poignets, sous la lucarne droite (0-3 à 16’40) notre photo ci-dessous.

L’addition à la fin du premier tiers aurait pu être beaucoup plus corsée car les BDL le terminent en jeu de puissance. À la vue de leur réalisme intransigeant et du manque d’agressivité rouennais après ces 10 minutes cauchemardesques, la foule soufflait sur deux parades de Matija Pintaric, redevenu lui-même, d’abord devant Champagne (18’03) et, ensuite, face à Da Costa (19’02).

Même si en face des Rouennais ce soir, il y a le seul favori à leur succession au palmarès de la ligue Magnus, on attend, dans la suite du match, que leur jeu soit plus conforme avec le niveau atteint par les hommes de Fabrice Lhenry en ce début de saison, même amoindris par la déception de Salzbourg, voire par l’absence de Nicolas Deschamps. Seulement les Dragons ne connaissent pas le même opportunisme que leurs adversaires. En avantage d’un homme, Koivisto (20’43) et Thinel (22’01) sont frustrés par Horak. Tout comme Ritz (24’00) et Bedin (24’29), eux, à parité. Les joueurs d’Edo Terglav mettent le nez à la porte à deux-contre-un. Mais Mathieu Roy se couche devant Leclerc pour faire avorter la première incursion grenobloise dans le camp des champions de France (25’02). La seconde vague offensive des Dauphinois ne laisse aucun doute. Rouen est trop juste, se met à la faute et joue désormais à un homme de moins. Grenoble, insolent de réussite, ne laisse pas passer l’occasion grâce à un tir frappé de loin par Sébastien Rohat pendant que Kara masque Pintaric (0-4 à 29’56) notre photo ci-dessous.

La suite sera hachée par des jeux spéciaux. Rouen y retrouve de la confiance et Grenoble s’y met en danger car Mathieu Roy réduit la marque d’un tir frappé en double supériorité (1-4 à 34’15). Alors qu’entre deux, après tout un travail de Joris Bedin, plein d’opiniâtreté pour conquérir le palet en contre-attaque, et une merveille de longue passe transversale de Caron, Fabien Colotti, fonçant devant la cage, dévie la rondelle sous les bottes d’Horak (2-4 à 36’18). La surpuissante armada grenobloise vient d’encaisser deux buts en à peine plus de deux minutes et l’espoir renaît dans les gradins.

Dans le dernier tiers, le RHE se livre et va tenter de revenir un peu plus près. Joël Caron (45’38) et Marc-André Thinel (46’19) se procurent les meilleures occasions rouennaises, assez rares malgré deux nouvelles supériorités. Grenoble, plus regroupé derrière, profite des espaces laissés par des Normands aux abois. Legault (43’37), Kearney (45’29), Fleury (47’30, 49’27 & 55’39), Latendresse (50’04), Champagne (51’47) et Kara (55’02) butent tous sur un Pintaric recouvré.

Rouen restera définitivement à quai lorsque le coude de Kara (qui s’excusera ensuite) trouvera le visage d’Anthony Guttig. Le joueur de centre ne remontera plus sur la glace, remplacé par Fabien Colotti sur la première ligne (52’02). Après un temps-mort, Fabrice Lhenry remplace son gardien par un attaquant, ce qui permettra aux Isérois de clôturer le score dans une cage vide par Guillaume Leclerc (2-5 à 58’58).

Ce soir, Rouen s’est tiré une balle dans le pied. Après des erreurs grossières, l’équipe de Thierry Chaix, dans un match parfois houleux, aurait eu besoin d’un jeu de puissance performant pour se tirer d’affaire face à l’ogre grenoblois qui reprend un peu de terrain aux Rouennais. Des Brûleurs de Loups qui prouvent ce soir qu’ils ne laissent pas passer leur chance quand on leur offre.

Étoiles du match : Christophe Tartari *** (Grenoble), Sébastien Rohat ** (Grenoble) et Denny Kearney * (Grenoble).

Commentaires (dans Tendance Ouest et Paris-Normandie) :

Loïc Lampérier (attaquant de Rouen) : « On savait que ça allait finir par arriver, qu’on allait, un jour ou l’autre, concéder une défaite. C’est dommage que ce soit ce soir, devant notre public qui, d’ailleurs, et je l’en remercie, nous avait réservé un bel accueil et a continué à nous soutenir même quand on était en difficulté, mais c’est comme ça. On a mal attaqué le match en donnant les trois premiers buts à Grenoble. Même si ça n’est pas une excuse, je pense qu’il y avait un peu de fatigue après les déplacements à Anglet et à Salzbourg. On sortait, en plus, d’une déception avec notre élimination de la CHL. Tout ça explique peut-être notre entame. Ce match, c’était un peu l’inverse du match aller où nous nous étions montrés réalistes et solides défensivement. Ce soir, ce sont eux qui l’ont été. Ce qui est bien, c’est qu’à 0-3, on a quand même eu une bonne réaction et, si on avait marqué un troisième but, je suis sûr qu’on aurait pu les faire douter. L’important, maintenant, c’est de bien rebondir. »

Fabrice Lhenry (gardien de Rouen) : « L’ensemble du match a été correct, mais on a fait des erreurs individuelles qu’on a payé cash. Physiquement on a été bien, c’est peut-être plus lié à de la fatigue mentale. On a manqué un peu d’excitation et d’émotion ce soir mais on ne peut pas dire qu’on ait fait un mauvais match. On ne regarde pas pour recruter, notre politique est de faire jouer les jeunes, de les faire progresser, donc on a un effectif assez conséquent pour pallier les blessures. On ne prendra pas de risques pour Nicolas Deschamps, mais il devrait pouvoir revenir après la trêve de décembre pour la réception de Gap. »

Rouen – Grenoble 2-5 (0-3, 2-1, 0-1)
Vendredi 23 novembre 2018 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2746 spectateurs (guichets fermés).
Arbitrage de Laurent Garbay et Alexandre Bourreau assistés de Jérémie Douchy et Anne-Sophie Boniface.
Pénalités : Rouen 18′ (6′, 10′, 2′) ; Grenoble 28′ (10′, 12′, 6′).
Tirs : Rouen 27 (9, 16, 2) ; Grenoble 32 (13, 7, 12).
Chances : Rouen 6 (1, 3, 2) ; Grenoble 12 (4, 0, 8).
Supériorités : Rouen 1/10, Grenoble 0/4.

Évolution du score :
0-1 à 06’21 : Kearney assisté de Kramar
0-2 à 15’50 : Tartari assisté de Rohat (inf.num.)
0-3 à 16’40 : Fleury (inf.num.)
0-4 à 29’56 : Rohat assisté de Tartari et Kara
1-4 à 34’15 : Roy assisté de Chakiachvili et Guttig (double sup.num.)
2-4 à 36’18 : Colotti assisté de Caron et Bedin
2-5 à 58’58 : Leclerc assisté de Tartari et Kearney (cage vide)

Rouen

Attaquants :
Juha Koivisto – Anthony Guttig (A) [puis Colotti à 52’02] – Alexander Aleardi
Joris Bedin – Joël Caron – Michel Miklik
Loïc Lampérier (A) – Nicolas Ritz – Marc-André Thinel
Benjamin Berard – Fabien Colotti – Vincent Nesa

Défenseurs :
Florian Chakiachvili – Mathieu Roy (C)
Mathieu Brodeur – Atte Mäkinen
Kévin Dusseau – Chad Langlais

Gardien :
Matija Pintaric (27 arrêts)

Remplaçants : Gaétan Richard (G) et Thomas Carminati. Absent : Nicolas Deschamps (genou).

Grenoble

Attaquants :
Denny Kearney – Sébastien Rohat – Guillaume Leclerc
Julien Baylacq – Teddy Da Costa – Damien Fleury (A)
Vincent Kara – Joël Champagne (C) – Mathias Arnaud
Dylan Fabre – Olivier Latendresse – Maxime Legault

Défenseurs :
Patrick Mc Eachen – Connor Hardowa
Christophe Tartari (A) – Sébastien Bisaillon
Aleksandar Magovac – Dominik Kramar
Lucien Onno

Gardien :
Lukas Horak (25 arrêts)

Remplaçant : Loïc Corvez (G). Absents : Antoine Bonvalot (cheville), Teddy Trabichet (épaule) et Bostjan Golicic (poignet).

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :