Rouen – Grenoble (Ligue Magnus 2019, finale, match 1)

Grenoble prend la main !

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Grenoble prend la main !

Grenoble est parfaitement rentré dans ce premier match de la finale de ligue Magnus 2019. Les Brûleurs de Loups ont patiné beaucoup plus et, plus vite. En imposant un échec-avant agressif assez impressionnant, qui a terriblement gêné la relance rouennaise, forcée de jouer sur les talons et ne s’en sortant qu’avec approximation. Sacha Treille (2’55), Champagne (3’43), Baylacq (contré à 4’21), Kara (4’35) et Fleury (5’31) : sans un Pintaric inspiré, pour la plus part, les attaquants du gratin dauphinois aurait ouvert le score, voire bien plus, et personne n’y aurait trouvé à redire.

Rouen n’a réellement mis le nez à la porte, par Joris Bedin, qu’à la 14e minute de jeu ! Trop peu pour remettre en question la tactique et créer le doute dans la meute affamée d’Edo Terglav. Sous pression, et désorienté, Rouen part à la faute et, soumis en jeu de puissance, il encaisse. Sacha Treille, oublié sur la gauche, ouvre logiquement le score dans un filet ouvert (0-1 à 9’37). Deux indisciplines d’Antonin Manavian permettent aux Normands d’attaquer en fin de tiers et, en avantage d’un homme, d’obtenir quelques chances. Alex Aleardi (16’03) et Ritz (17’30) notamment. Mais une égalisation des locaux aurait été une sacrée injustice avant la première pause.

La reprise fut un peu meilleure pour les Dragons. Grâce uniquement à la ligne d’Anthony Guttig, mais cela à été très court. En exerçant une pression constante sur le porteur de palet, les coéquipiers de Joël Champagne ont remis le couvert en rayonnant dans les jeux de transition, empêchant la prise de vitesse en zone neutre et tous jeux simples et commodes pour les partenaires de Roy, au mieux approximatifs, crispés, au pire embarrassés et sans plan B. Alors, même si le deuxième but grenoblois est inhabituel, il était mérité et démonstratif de l’embarra du RHE. Dans un angle fermé, Mathias Arnaud, sur la gauche, servait un demi-café crème, afin de prendre un lancer et trouver un trou de souris dans la carapace de Pintaric (0-2 à 28’08).

Peu après, les champions de France évitaient la correction. Sacha Treille (28’47), Hardy (29’32) et Legault (30’24) se heurtaient à Pintaric, gardien des ambitions normandes. Un peu à l’image du premier tiers, Rouen semblait émerger, à la faveur de jeux de puissance, en fin de vingt. Mais en plus d’agressivité, de travail et d’organisation, les Brûleurs de Loups, pour compenser leur indiscipline, faisaient aussi preuve de sacrifice en infériorité à l’image de Champagne et de Hardowa (33’44). Heureusement, car les prisons, parfois bien niaises, des blancs s’accumulent. Au point d’offrir, aux noirs et jaunes, 30 secondes cumulées de jeux spéciaux à trois contre cinq. Cependant, Rouen est incapable de profiter des largesses inopinées de leurs adversaires, même si on peut noter les travaux de Lampérier (35’36), Thinel (36’30) et Guttig (37’47) dans le trafic, là où cela fait mal. Avant le second retour aux vestiaires, les arbitres convoquent les deux capitaines. Sans doute pour solliciter un peu plus de modération dans les conquêtes de palet et accrochages à la limite de l’obstruction.

La dernière période démarre sur les chapeaux de roues. Anthony Guttig (40’16 & 45’18) est remonté. Denny Kearney (42’13) et Treille (44’18) lui répondent. Les hommes de Fabrice Lhenry semblent un peu plus en mode « play-offs ». Mais ils demeurent impuissants sur une nouvelle attaque à cinq. Les arrières normands sont obligés d’apporter du soutien à leurs attaquants. Ainsi happés, ils subissent un contre qui finit à deux contre zéro. Matija Pintaric, livré à lui-même, n’y pourra rien. Guillaume Leclerc ne tremble pas et profite de tout le travail de fixation de Kearney qui lui livre un filet dans une cage semi-ouverte (0-3 à 50’16).

Même si les Brûleurs de Loups avaient déjà reculé dans ce dernier tiers, le troisième but des visiteurs semble enfin libérer les Dragons. On aperçoit le jeu fluide en mouvement avec le palet qui leur a réussi dans la saison. Kévin Dusseau force très haut, et permet une passe de Guttig. Matthieu Roy enfile en haut du slot au-dessus des épaules d’Horak (3-1 à 52’40). Les Normands entament leur course-poursuite. Ils bourdonnent très fort autour du gardien tchèque, mais ce dernier, aidé de sa garde, résiste (55’48).

Le temps passe. Matija Pintaric doit quitter sa cage au profit d’un attaquant. Sur une contre-attaque, Damien Fleury, à quelques dizaines de centimètres de la cage vide, manque son tir sur réception (59’24). Une longue passe transversale de Loïc Lampérier trouve Guttig démarqué à gauche. À trois secondes de la sirène, le joueur de centre sait qu’il réduit le score pour du beurre, mais montre sans doute la voie à suivre pour ses coéquipiers, afin de (déjà) réagir, lors du match 2, demain soir.

Commentaires (dans Tendance-Ouest et Paris-Normandie) :

Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen) : « On est bien entré dans le match mais ils marquent tout de suite. Après, je nous ai trouvé vraiment timides. Je suis très déçu de nos supériorités aussi où on n’a pas su faire la différence. Grenoble a très bien joué défensivement et mérite sa victoire dans la volonté et l’engagement. On n’a pas eu assez faim. Grenoble en voulait plus. Mais il en reste toujours quatre à aller chercher, ce sera une série longue et difficile. Grenoble mérite sa victoire, ils avaient plus faim que nous, se sont sacrifiés en défense, et nous, de notre côté, on a clairement fait une mauvaise fin de première période, puis un début de deuxième période également insuffisant. En play-offs, il faut être bien plus présent dans les duels, sur les rebonds et dans les deuxièmes palets, c’est ce qui nous a manqué ce soir. On n’est pas abattus, les joueurs savent comment rebondir, mais quand on est à 80 ou 90 % comme ce soir, ce n’est pas suffisant. Ce qui a manqué aussi, c’est de la réussite en power-play. »

Nicolas Ritz (attaquant de Rouen) : « C’est frustrant car on a eu beaucoup d’occasions, notamment en supériorité. Mais les Grenoblois ont été bons défensivement, ont bloqué nos shoots. Je ne crois pas qu’ils avaient plus d’envie que nous. Lors d’une finale, on a tous la même envie. On a mieux joué à partir du milieu du deuxième tiers-temps, il faut que l’on continue demain dans cette voie, à travailler, chercher des bonnes pénalités et ça va passer. Grenoble a une grosse attente dans cette finale, une grosse pression aussi. On verra comment ça se passe ce soir. Et même si on est mené 2 à 0, on n’a pas de problème à nous déplacer, on reste sur quatre victoires chez eux. Notre capital confiance est intact, on est un groupe qui n’a pas beaucoup changé à l’intersaison, on se connaît, on n’est pas touché. On sait qu’on est capable de marquer, on l’a prouvé lors du troisième tiers. C’est bien d’avoir fait sauter le verrou. À nous de le refaire ce soir. »

Jacques Reboh (président de Grenoble) : « Aleardi, ce n’est pas possible, il ne peut pas être tout le temps dans la provocation comme il le fait… »

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « Les gars ont été beaux à voir jouer. Notre réalisme a fait la différence mais je veux aussi saluer notre résistance en infériorité. Demain, il faut qu’on reste focalisés sur nous, pas sur eux. Il faut qu’on soit aussi plus discipliné. »

 

Rouen – Grenoble 2-5 (0-3, 2-1, 0-1)
Vendredi 29 mars 2019 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2746 spectateurs (guichets fermés).
Arbitres : Pierre Dehaen et Jimmy Bergamelli assistés de Thomas Caillot et Clément Goncalves.
Pénalités : Rouen 18′ (4′, 2’, 2+10’) ; Grenoble 28′ (6′, 8+10′, 4+2×10’)
Tirs : Rouen 22 (8, 8, 6) ; Grenoble 30 (13, 12, 5)
Supériorités : Rouen 0/8, Grenoble 1/3

Évolution du score :
0-1 à 09’37 Treille assisté de Fleury et Da Costa (sup.num.)
0-2 à 28’08 Arnaud assisté de Kramar
0-3 à 50’16 Leclerc assisté de Kearney et Champagne
1-3 à 52’40 Roy assisté de Guttig et Deschamps
2-3 à 59’57 Guttig assisté de Bedin

Rouen

Attaquants :
Loïc Lampérier (A) – Nicolas Ritz – Marc-André Thinel
Nicolas Deschamps – Anthony Guttig (A) – Alexander Aleardi
Joris Bedin – Joël Caron – Michel Miklik
Fabien Colotti – Juha Koivisto – Vincent Nesa

Défenseurs :
Florian Chakiachvili – Mathieu Roy (C)
Mathieu Brodeur – Atte Mäkinen
Kévin Dusseau  – Chad Langlais

Gardien :
Matija Pintaric (27 arrêts)

Remplaçants : Quentin Papillon (G), Enzo Cantagllo et Julien Msumbu.

Grenoble

Attaquants :
Sacha Treille – Teddy Da Costa – Damien Fleury (A)
Christophe Tartari (A) – Olivier Latendresse – Maxime Legault
Denny Kearney – Joël Champagne (C) – Guillaume Leclerc
Julien Baylacq – Sébastien Rohat – Mathias Arnaud
Vincent Kara

Défenseurs :
Patrick Mc Eachen – Antonin Manavian
Dominik Kramar – Connor Hardowa
Kyle Hardy – Sébastien Bisaillon
Teddy Trabichet – Aleksandar Magovac

Gardien :
Lukas Horak (20 arrêts)

Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absent : Bostjan Golicic (poignet).

 

 

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