Deuxième jeu blanc pour la forteresse russe

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Le voilà enfin le premier grand test de la Russie, qui a démarré en douceur son Championnat du monde contre la Norvège (5-2) et l’Autriche (5-0).

Vainqueurs également de la Norvège (7-2), les Tchèques ont le mérite d’avoir déjà dominé la Suède (5-2), ce qui peut leur permettre de viser la tête du groupe. Encore faut-il disposer des Russes. Andrei Vasilevskiy, titularisé contre les Norvégiens, retrouve la cage russe. Le gardien de Vitkovice Patrik Bartošák (qui a signé à Trinec pour la saison prochaine) avait excellé contre la Suède, Milos Riha a décidé de l’aligner de nouveau pour ce choc contre le grand rival russe.

Sans grande surprise, le début de match est particulièrement électrique. Avant tout grâce aux très nombreux fans tchèques qui ont fait le court trajet jusqu’à Bratislava, et qui électrisent totalement le Zimný štadión Ondreja Nepelu. Pour autant leurs favoris doivent déjà serrer les dents, car ce sont bien les Russes qui font le jeu. Les Tchèques misent alors sur les contre-attaques, mais la précision manque successivement à Frolík, Moravcík et Palát. Quant à la Russie, elle ne va pas manquer une bien belle occasion que leur tendent leurs adversaires : les Tchèques effectuent un changement de lignes catastrophique, Ivan Telegin met au fond, le palet revient à Dinar Khafizullin qui centre pour Sergei Andronov, le capitaine du CSKA Moscou réalise alors une reprise de volée qui ne laisse aucune chance à Bartošák (1-0, 13’02).

La réaction tchèque sera ensuite bien timide. Les Tchèques sont peu dangereux sur leur premier jeu de puissance, et les chances de Frolík et Simon ne sont pas bien franches. La Russie atteint la fin du premier tiers-temps avec un petit avantage au score, mais sans avoir été réellement en danger.

Du danger, la Russie s’en procure rapidement en seconde période. À gauche, Nikita Gusev décale Nikita Kucherov, qui bat Bartošák… mais Filip Hronek sauve sur la ligne ! Ça chauffe pour les Tchèques, pénalisés pour un surnombre qui sera sans conséquence. Et Patrik Bartošák n’est pas ménagé, notamment lorsque Aleksandr Ovechkin se décide à se montrer. La buteur phare de Washington force un papillon de Bartošák qui doit ensuite écarter sa fameuse reprise de volée. Et quand ce n’est pas Bartošák, c’est Gudas qui contre un essai d’Ovechkin.

La Tchéquie obtient un deuxième jeu de puissance à la 28e minute, mais une fois encore, Vasilevskiy n’est pas vraiment surmené. Ce sont même les Russes, en infériorité, qui sont les plus dangereux avec un contre d’Anisimov qui touche le petit filet. La pénalité russe est donc tuée sans souci, et les Russes repartent à l’assaut avec un premier 2 contre 1 Gusev pour Kucherov, Bartošák arrête de la jambière. Le portier tchèque aura finalement moins de réussite quelques secondes plus tard. On retrouve les mêmes, les deux Nikita qui procèdent à un une-deux, ce qui permet de démarquer Gusev qui bat du revers Bartošák, dont la jambière est cette fois-ci trop courte (2-0, 32’35).

L’affaire se corse pour les Tchèques, qui parviennent tout de même à se sortir d’une infériorité pour interférence. À la 36e minute, ils vont se créer leur occasion la plus franche. Sergachyov loupe totalement sa relance, Dmitrij Jaškin intercepte et sert Jan Kovár qui frappe du revers, mais Andrei Vasilevskiy est à la parade. Et ce ne sera pas la seule bonne chance des Tchèques avant la seconde pause. Michal Moravcík, qui s’est fait déborder par Barabanov quelques instants plus tôt, sert cette fois-ci Filip Chytil qui lance, Vasilevskiy détourne de l’épaule avant de s’y reprendre pour bloquer ce palet flottant. Les Russes sont toujours devant après 40 minutes de jeu.

Si dans l’ensemble, la possession était jusqu’à maintenant à l’avantage des Russes, les Tchèques vont prendre le jeu à leur compte dans le dernier tiers-temps. Telegin est poussé à la faute. Si Jan Kovár est plutôt bien placé dans l’enclave avec une occasion dangereuse, Jakub Vrána, positionné au rond droit, touche carrément la transversale. La pénalité russe est tuée, mais la tornade tchèque n’est pas finie pour autant. À la 45e minute, Chytil laisse admirer son patinage par un rush fabuleux, il sert Palát qui dévisse toutefois son tir. Une minute plus tard, à l’issue d’une belle action collective, Tomáš Zohorna touchera à son tour la transversale.

Les Russes sont moins dangereux, ils le sont tout de même par Gusev et Nesterov. À cinq minutes de la fin, après une puissante entrée en zone de Malkin et une récupération de Dadonov, Ilya Kovalchuk parvient même à toucher le poteau. Et derrière, les Russes continuent de verrouiller. Le dernier arrêt notable de Vasilevskiy, qui se dirige vers son premier blanchissage du tournoi, sera une déviation appuyée de Dominik Simon sur une passe forte de Jakub Vorácek. Et même en sortant Bartošák, les Tchèques n’auront pas plus de réussite, Nikita Zaïtsev marquant en cage vide de sa zone défensive (3-0, 59’04).

La Tchéquie a joué avec beaucoup énergie mais elle n’est pas parvenue à percer la porte russe. Des Russes très appliqués défensivement et efficaces, qui ont validé leur premier grand test dans ce Championnat du monde en blanchissant les rivaux tchèques, leur deuxième jeu blanc consécutif. Prochains matchs pour les deux équipes : mercredi pour la Russie face à une équipe d’Italie à la dérive, jeudi pour la Tchéquie face à une Lettonie dont il faudra se méfier.

Élus joueurs du match : Sergei Andronov pour la Russie, Patrik Bartošák pour la Tchéquie.

Commentaires d’après-match

Patrik Bartošák (gardien de la République Tchèque) : « Je pense que nous avons même joué du meilleur hockey que contre les Suédois. En troisième période, nous les avons enfermés dans leur zone plusieurs fois. Mais leur gardien nous a stoppés. Il a démontré pourquoi il est le principal candidat pour le trophée Vezina en NHL. »

Miloš Říha (entraîneur de la République Tchèque) : « Nous avons été trop respectueux, je ne sais pas pourquoi. Nous avions encouragé les gars à jouer. Nous leur avions dit de jouer principalement en zone offensive. On l’avait vu à Brno. Nous voulions les chasser, nous ne l’avons pas fait, parce que nous l’avons fait à trois ou un par un. Nous n’étions pas compacts à cinq. Nos défenseurs avaient un peu peur de suivre, il y avait un trou et les Russes pouvaient sortir. En deuxième période, nous avons augmenté notre agressivité, mais pas nos occasions. Nous avons joué comme les Russes, cherchant des cages vides dans la largeur, au second poteau. On ne comprend pas non plus. Les gars voulaient jouer au hockey, mais on ne peut pas tellement avec les Russes. Le powerplay, ça doit commencer avec la mise au jeu, ça a été compliqué. Par contre, félicitations pour notre jeu en infériorité numérique, maîtrisé à la perfection. »

 

Russie – République Tchèque 3-0 (1-0, 1-0, 1-0).
Lundi 13 mai 2019 à 16h15 au Zimný štadión Ondreja Nepelu de Bratislava. 9085 spectateurs.
Arbitrage de Brett Iverson (CAN) et Peter Stano (SVK) assistés de Hannu Sormunen (FIN) et Nathan Vanoosten (CAN).
Pénalités : Russie 10′ (2′, 2′, 6′), Tchéquie 16′ (0′, 4′, 2’+10′).
Tirs : Russie 28 (5, 15, 8), Tchéquie 23 (8, 8, 7).

Évolution du score:
1-0 à 13’02 : Andronov assisté de Khafizullin et Nesterov
2-0 à 32’35 : Gusev assisté de Kucherov
3-0 à 59’04 : Zaitsev

Russie

Attaquants :
Mikhail Grigorenko – Evgeny Malkin (A, +1, 2′) – Evgeny Dadonov
Aleksandr Ovechkin (A) – Evgeni Kuznetsov – Aleksandr Barabanov (+1)
Nikita Gusev (+1) – Artyom Anisimov (+1, 2′) – Nikita Kucherov (+1)
Ilya Kovalchuk (C, +1) – Sergei Andronov (+1, 2′) – Ivan Telegin (+2, 4′)
Kirill Kaprizov

Défenseurs :
Mikhail Sergachyov – Nikita Nesterov (+2)
Dmitri Orlov – Nikita Zaïtsev (+2)
Dinar Khafizullin (+2) – Vladislav Gavrikov
Nilita Zadorov

Gardien :
Andrei Vasilevskiy

Remplaçant : Ilya Sorokin (G). En réserve : Aleksandar Georgiev (G), Sergei Plotnikov (A).

République tchèque (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Michael Frolík (A, -2) – Dominik Simon (-1) – Jakub Vorácek (C, -2)
Ondrej Palát – Filip Chytil – Jakub Vrána (-1)
Michal Repík – Jan Kovár (-1, 2′) – Dominik Kubalík
Dmitrij Jaškin (-1) – Tomáš Zohorna (-1) – Hynek Zohorna (-1)

Défenseurs :
Jan Kolár (-1) – Filip Hronek (-2, 2’+10′)
Michal Moravcík (-1) – Jan Rutta (-1)
David Sklenicka – Radko Gudas (A, -1)
David Musil

Gardien :
Patrik Bartošák [sorti de 57’27 à 58’07 puis de 58’25 à 59’04].

Remplaçant : Šimon Hrubec (G). En réserve : Pavel Francouz (G)

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