Le projet d’Annecy avec Stéphane Barin et Cyril Papa

Cyril Papa - Annecy Division 2 - Photo Eric Lamugniere : https://www.facebook.com/EricLamugnierePhotographe
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HOCKEYARCHIVES : Merci Cyril & Stéphane de nous accorder un peu de votre temps pour cette interview.
Avant de rentrer dans le vif du sujet purement hockey, comment s’est passé le confinement de votre coté ? Gros impact sur vous et vos activités autour du hockey ?

STÉPHANE BARIN : Je n’étais pas spécialement en activité hockey pendant cette période, je pense que Cyril a été plus touché que moi. Cela n’a pas changé grand chose sur le volet hockey.

CYRIL PAPA : De mon côté, c’est arrivé petit à petit en fait. On était en pleins playoffs, qualifiés pour les demi-finales… On sentait bien que quelque chose arrivait mais on n’en connaissait pas l’ampleur. On était resté sur une restriction du public et puis ça s’est vite accéléré pendant qu’on préparait la demi-finale avec vidéo, travail physique et plein de choses. Et puis on est arrivé le vendredi soir pour l’entraînement, on a attendu le mail de la fédération qui nous a finalement annoncé la suspension de la saison. Donc on ne s’est pas entraîné, après une réunion tous ensemble on s’est dit que tout le monde allait rester chez soi et qu’on se tiendrait au courant.

Très déçu sur le moment, mais vu l’ampleur que cela a pris très rapidement, on a vite relativisé et la fin de saison de hockey n’est pas très grave par rapport à ce qui nous tombe dessus. Donc on a rapidement tourné la page en ce qui concerne l’équipe D2. C’était pareil sur le hockey mineur où nous avons tout arrêté du jour au lendemain. Ensuite on a eu un long moment où on ne savait pas trop a quoi s’attendre, on attendait des infos aussi de la patinoire, de la Fédération, du Ministère des Sports sur ce qu’on pouvait faire ou pas. Donc assez peu d’infos à donner aux licenciés. J’ai essayé de mettre en place quelques petits trucs pour garder le lien entre les licenciés. Un petit cahier d’exercices, des petits dessins sur les Chevaliers pour les plus jeunes, et plus récemment des cours en ligne de U7 aux U15. Un cours par semaine histoire de les garder un petit peu dans le hockey.

HOCKEYARCHIVES : Et sur la fin de saison, est-ce que vous avez pu déjà prévoir des activités pour les licenciés ou la saison est vraiment complétement terminée ?

CYRIL PAPA : On a lancé les cours en ligne et on va essayer de continuer jusqu’à fin juin / début juillet. Du côté du hors glace, on a lancé pour les U17 / U20 des regroupements par petits groupes de 9 joueurs + Pablo notre préparateur physique. Pour les plus petits, vu que nous avons des gros effectifs entre 30/40, ca nous semble plus compliqué a mettre en place, surtout que ça doit être réalisé en extérieur. Donc pour le moment on va laisser comme ça en attendant de voir comment ça évolue puis on verra si on peut mettre aussi quelque chose en place pour eux.

STÉPHANE BARIN : On est un peu obligé de suivre les directives comme le dit Cyril. Pour le moment c’est maximum 10 donc c’est plus facile de le mettre en place sur les catégories les plus âgées où il y a un petit peu moins de monde. Ça aurait été difficile pour les petites catégories de faire venir du monde, plusieurs entraîneurs pour faire des groupes de 8 ou 9. Sans vestiaires, avec la distanciation, … c’est plus facile à gérer avec des pré-ados / ados et plus que pour les plus petits. C’est aussi pour ça que Cyril a mis en place les séances en visioconférence. Et les jeunes accrochent pas mal donc c’est plutôt bien.

HOCKEYARCHIVES : Cyril, sur la saison qui s’est donc terminée avec sûrement de la frustration de s’arrêter avant de jouer la montée jusqu’au bout. Quel regard ou bilan ferais-tu sur cette saison de Division 2, un peu de déception après une saison assez irrégulière ?

CYRIL PAPA : Effectivement, on pourrait même parler de 4 phases pendant cette saison. On a très bien commencé avec 6 victoires consécutives au début. Après, on a eu un gros trou où on accumule 6/8 défaites pour diverses raisons. On revient ensuite pas trop mal sur la fin de saison. Ensuite de bons playoffs et on est sur une bonne voie pour bien terminer. On se prépare à une demi-finale contre Roanne, un adversaire qu’on a battu deux fois pendant la saison régulière, donc on était assez confiant. Vraiment, on commençait a se dire, maintenant qu’on est là, on va aller au bout. On a tellement connu une saison galère en terminant 7e de la poule Sud. Et se retrouver là, on s’est dit on va aller chercher le titre. Donc c’est vrai que c’était une fin de saison frustrante, c’était compliqué.

Pourquoi ça n’a plus fonctionné pendant tant de matches, je ne saurais pas trop le dire. Plein de facteurs dont le renouvellement d’effectif. Mais une saison enrichissante pour moi quand on connaît des passages compliqués comme ceux-là. On se remet en question pour savoir ce qu’on peut améliorer. On réfléchit beaucoup plus que d’habitude. D’autant plus quand on arrive à sortir la tête de l’eau et à arriver à l’objectif final, même si ça s’est terminé plus tôt que prévu. C’était, pour moi et les joueurs, sympa de terminer comme ça. On s’est fait descendre à juste titre pendant cette période de défaites, normal quand on ne gagne plus. Mais j’ai toujours cru en cette équipe, avec beaucoup d’expérience, avec de jeunes joueurs, très peu de joueurs étrangers. C’est la marque de fabrique du club d’Annecy. On ne veut pas faire comme les autres avec 6/7 étrangers. Cette politique peut être remise en question quand ça ne va pas mais je restais persuadé qu’à Annecy c’est le projet à avoir et au final on a pu montrer que cela a fonctionné. Dans les moments importants, on a les joueurs d’expérience qui sont capables de relever les manches et d’être présents quand il le faut. Et cela a pas trop mal marché en fin de saison.

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Stéphane Barin, sur le banc spinalien en 2015

HOCKEYARCHIVES : Stéphane, de ton côté une dernière expérience en Suisse après avoir goûté à la Magnus avec Épinal. Pourquoi te retrouver maintenant à Annecy en D2 ?

STÉPHANE BARIN : Je suis parti à Morges en cours de saison, pour prendre la suite de leur entraîneur débarqué en novembre. J’y suis resté jusqu’en mars et j’aurai même dû y retourner. Mais ma vie familiale et professionnelle étant plutôt basée sur Grenoble donc c’était un peu délicat de repartir pour toute une saison en Suisse et avec une implication globale. Donc l’hiver dernier, j’ai préféré décliner leur offre de continuer avec eux pour plutôt revenir vers ma famille et mon commerce sur Grenoble. C’était une bonne chose, je crois. Maintenant je suis un peu plus libéré, mon commerce est vendu, mes enfants grandissent et sont un peu plus autonomes aussi. Et j’ai toujours souhaité au fond de moi quelque part mettre une empreinte sur un club. Alors bien sûr c’est un grand mot, je ne vais pas mouler un club à ma façon, ce n’est pas l’idée, mais avoir la possibilité de travailler sur du long terme.

Jusqu’à présent j’étais plutôt identifié comme un coach de Magnus, où tu prends un collectif que tu améliores plus ou moins d’année en année selon le budget, l’objectif final étant uniquement le résultat. Là, je m’implique dans quelque chose d’un peu plus global, avec le hockey mineur, avec un club en pleine évolution, en plein développement. Mais où il reste beaucoup à faire même si il y a eu énormément de choses de mises en place par Cyril au niveau sportif ou par le président et le comité et tout autour l’ensemble des bénévoles qui sont présents. C’est un challenge qui est assez excitant pour moi, alors que jusqu’à maintenant j’étais nettement plus axé sur uniquement la performance d’une équipe professionnelle et j’avais un regard beaucoup plus léger sur le reste du club. Là je vais vraiment m’impliquer de A à Z. On travaille dans tous les cas en étant dépendant de ce qu’on va entendre du côté ministériel. Quand est-ce qu’on pourra envisager une reprise ? Mais ça nous empêche pas de travailler pour mettre en place les choses pour le club, pour le hockey mineur surtout car c’est la base. Les heures de glace, les éducateurs. C’est important pour que, quand tout va reprendre, on soit prêt à monter sur la glace et accueillir les enfants dans de bonnes conditions.

HOCKEYARCHIVES : Ce regard plus global est bien illustré par cette reprise officielle des U20 sous ta responsabilité. Quels sont les projets en terme de formation, les possibilités du côté d’Annecy où la concurrence régionale est assez forte (Chambéry & Grenoble, le HC74…)

STÉPHANE BARIN : Nous n’avons pas un effectif très fourni pour ce niveau U20. Moins d’une dizaine de joueurs pour le moment. Mais l’idée est de garder nos jeunes et il fallait proposer un projet à ces U17. Cyril a donc inscrit cette équipe au championnat. Alors certes, on part tout en bas de l’échelle mais d’un autre côté ce n’est pas plus mal. On a tout à construire. En gros on aura une équipe U17 qui va jouer a un niveau intéressant, des U20 à un niveau un peu plus faible mais qui sera justement renforcée par des joueurs U17. Donc on va travailler ensemble avec Alex Delplanque pour faire progresser ces jeunes pour que dans quelques années, même si ça sera difficile, et si on arrive à gravir quelques échelons au niveau national d’ici là, on pourra proposer un beau projet aux jeunes qui sont actuellement en U15, U13 et même plus jeunes. Annecy mérite d’avoir une belle équipe U20, on verra jusqu’où on peut aller en tout cas.

On sait qu’on a une masse importante de jeunes susceptibles d’arriver. Donc l’idée est de se baser sur cette base locale, même si on a besoin à court terme de quelques joueurs pour augmenter l’effectif de notre équipe U20. On l’a affiché clairement par une annonce sur les réseaux sociaux pour renforcer l’équipe en quantité et en qualité. Et on peut aussi leur proposer pas mal de choses, comme la D3, la D2, que ce soit les entraînements au départ et plus si affinités. Pas de regroupement ou d’entente à venir par contre, même si la concurrence est forte dans la région. Ce n’est pas l’idée maintenant, surtout que nous espérons avoir assez de joueurs d’Annecy dans l’avenir pour nous en passer. C’est à travers des étapes comme ça que le club va grandir.

CYRIL PAPA : C’est vrai aussi qu’on a fait partie de l’entente HC74 à une époque, mais notre situation géographique a fait qu’Annecy s’est retiré au bout de 2 ans je crois. Notre projet n’est vraiment pas de partir avec une association ou avec d’autres clubs. On considère qu’à Annecy on a un potentiel qui n’est pas là pour le moment mais qui va arriver. Donc il faut être patient et proposer à chaque catégorie quelque chose de cohérent chaque année par rapport au niveau, aux effectifs. Mais on sait que si on continue à travailler sur toutes les catégories, on sait qu’on aura dans quelques années des effectifs étoffés dans chaque catégorie et qui pourront jouer dans des championnats élites et que ça devienne un beau réservoir pour l’équipe première.

Avec Stéphane, on part sur le développement d’un club dans son ensemble. On va travailler sur plein d’aspects. On pense au sport-études comme on a pu le faire sur Villard-de-Lans il y a quelques années, aux partenaires. C’est un projet dans son ensemble. Qui part du mineur, l’école de hockey, en passant par l’équipe première, le budget, la structure, les heures de glace, la billetterie, le show pendant et avant les matchs. C’est du travail sur du très long terme avec Stéphane en amenant nos idées. On pense qu’a Annecy il y a la place pour faire un bon club de hockey. Mais pour nous, un bon club de hockey, c’est un hockey mineur qui tient la route avec des enfants qui progressent, qui prennent du plaisir, des éducateurs sur la glace en nombre. Et une équipe première qui joue le plus haut possible par rapport à ses moyens financiers et ses heures de glace.

On part de loin car on a des effectifs faibles en U17 / U20, parce qu’on a des joueurs qui partent dans de plus grands structures avec sport études, lycée, qu’on ne peut pas proposer pour le moment. On a passé beaucoup d’énergie avec Jérémy Vey pour essayer d’en créer un mais on n’a pas les heures de glace qui correspondent aux horaires aménagés que les lycées peuvent nous proposer donc ça coince un peu car ça ne dépend pas que de nous. Mais on travaille, on insiste. Et puis ça passe par pas mal de choses, être accueillant pour que les gens qui entrent dans la patinoire pour inscrire leur gamin y restent, que les parents se sentent impliqués dans la vie du club. Pas de concurrence dans les petites catégories, on développe tout le monde de la même façon. Puis à partir de U13, plus de glace, un travail avec les collèges. On a créé – et on pense être les premiers en France – un sport-études pour les primaires. On ne sait pas où on va, on va tester mais c’est une belle opportunités. 6 enfants seront dans cette structure l’année prochaine et ça fonctionne bien du coté du patinage artistique. Donc pourquoi pas le hockey. Ils auront de la glace avec nous sur le temps de midi au lieu de courir dans une cour de récréation. Si on continue sur cette voie, avec l’appui de Stéphane, il n’y a pas de raison qu’on ne soit pas considéré comme un club formateur dans quelques années avec quelque chose de cohérent pour chaque catégorie.

STÉPHANE BARIN : Surtout avec la D3 qui n’a pas vocation pour le moment à accueillir des U20, ça va se faire petit à petit et année après année pour qu’on puisse développer ces joueurs-là, qui auront eu une formation au club avec Cyril, Jérémy et moi. Même s’ils auront des référents pour chaque niveau avec moi pour les plus grands, Jérémy pour U13/U15 et Cyril pour les plus petits jusqu’en U13, on sera toujours tous ensemble avec eux sur la glace. On va mettre en commun nos capacités, nos bonnes volontés pour qu’à terme, et sans brûler les étapes, on puisse avoir des équipes de bons niveau en U17/U20 pour ensuite le tremplin en D2. C’est une bonne base pour les joueurs avant d’aller chercher plus haut. En Magnus par exemple sur un 4e bloc. On a l’exemple de Florentin Lardy qui part l’année prochaine en Magnus après 2 bonnes saisons chez nous (meilleur pointeur de l’équipe en saison régulière avec 15 pts en 13 matchs) ou encore Alban Rodriguez qui part en D1 sur Nantes.

CYRIL PAPA : Pour nous à Annecy, c’est une belle fierté aussi d’avoir recruté un jeune joueur en lui proposant un projet. Qu’il vienne se confronter à des adultes. En progressant, les clubs mieux classés appelleront et là c’est même la Magnus qui vient piocher chez nous. Mais l’exemple est aussi vrai pour Roanne par exemple puisque leur gardien est aussi parti pour la Magnus. Ça montre que la D2 n’est pas une division de retraité ou d’étrangers. Ça montre qu’il y a un vrai tremplin qui peut donner une alternative entre la U20 et la Magnus pour continuer a progresser. On a les exemples maintenant pour montrer qu’on peut proposer un projet et que la voie est ouverte avec un club comme le nôtre. U20 Magnus sans tremplin, le fossé est assez énorme. Alors que U20 vers D2, puis D1 voire Magnus, il y a plus de places. En D1, il n’y a pas beaucoup de jeunes joueurs français qui ont un réel temps de jeu, donc c’est dur de se faire une place, dur de se montrer. On pense que la D2 voire D1 est plus la division qui correspond à ce palier à franchir et c’est ce qu’on veut proposer. On a un joueur qui va montrer la voie à tout le monde, on espère que ça va donner un exemple qu’on pourra maintenant mettre en avant pour convaincre de nous rejoindre. Et on est aussi content que lui de le voir rejoindre la Magnus car ça montre que du boulot a été fait, qu’il a progressé et qu’Annecy peut permettre à de jeunes joueurs à faire avancer leur carrière.

HOCKEYARCHIVES : Ça se reflète sur votre recrutement pour le moment où l’on voit déjà pas mal de jeunes arriver. Où en êtes vous sur votre équipe première pour la saison prochaine ?

STÉPHANE BARIN : L’ossature de l’équipe reste la même. On est aussi sur une phase interrogative face à la reprise du championnat. Face au budget aussi car le partenariat risque d’être un peu en baisse pour la saison prochaine. Des sponsors ne vont peut-être pas remettre la main à la poche de la même façon. Donc on fait très attention a ça. Normalement on est parti pour avoir à peu de choses prêt le même effectif que cette saison hormis les deux départs cités. On a 2 jeunes qui arrivent de Clermont mais pour le reste on ne pense pas trop bouger pour le moment. On va rester sur nos 2 mêmes étrangers derrière. Ils connaissent la maison. C’est aussi important pour moi d’arriver et d’avoir un groupe qui se connaît qui a travaillé ensemble. Avec Cyril, on se connait depuis longtemps, on partage la même philosophie du hockey et les mêmes grands principes de jeu. On parle le même hockey, donc l’idée n’était pas de chambouler l’équipe, de dégager tout le monde pour en reprendre d’autres et finalement refaire la même chose. Non non, ce groupe-là vit bien apparemment, j’ai pu les voir jouer aussi. Mon fils joue en D2 sur Villard-de-Lans, j’ai pu les voir à ces occasions ! Il y a un bon groupe, donc c’est important pour nous de garder cette ossature, de ne pas casser la dynamique.

On ne sait pas encore quand débutera la saison, mais on fera aussi un point à ce moment-là pour voir si un renfort est indispensable si on est fébrile dans un secteur du jeu. On n’est pas pressé, des joueurs il y en aura tout le temps, que ce soit français ou étrangers mais ce n’est pas l’idée. On ne va pas brûler les étapes et aller sur des recrutements hasardeux. On ne veut pas faire comme d’autres équipes de D2 qui se renforcent de façon incroyable, qui ont des budgets qui ressemblent peut-être plus à des équipes de D1 avec 7 à 8 étrangers si ce n’est plus. On va les laisser faire leur politique sportive et on en a une autre qui est un petit peu différente et qui prendra peut-être un petit peu plus de temps. Elle va impliquer les gens du club, les gamins du club, et ça a plus de valeur à nos yeux que d’aller trop vite sans laisser de place aux joueurs U20, ne serait-ce que pour s’entraîner. Et on ne les développera jamais et à 20 ans on ne pourra pas les intégrer à l’équipe car ils n’auront pas le niveau. Il y a des gamins qui tiennent la route à Annecy et on fera le maximum pour les faire grandir et progresser.

HOCKEYARCHIVES : On reste donc sur des objectifs similaires à cette année ? Playoffs et plus si affinités ?

STÉPHANE BARIN : Si vous demandez au coach, c’est d’essayer de gagner tous les matchs !

CYRIL PAPA : On s’engage dans un championnat, c’est pour aller au bout. Quand on est à l’intérieur d’un groupe, on a des joueurs qui vont se donner corps et âmes pour être champion. Je l’ai vécu il y a 3 ans en devenant champion de D2, ou avant en Magnus. On a des joueurs qui n’ont pas forcément le niveau D1, pourtant ils ne vont pas lâcher pendant la saison même si la saison suivante pourrait être compliquée pour eux. La saveur d’un titre, c’est incomparable, quand on lâche les gants et les casques pour sauter dans les bras de tout le monde, ce sont des émotions énormes et on ne pense pas à la suite. Je le sais depuis plusieurs années. Les gars qui se lancent dans le projet, ils vont tout donner pour aller au bout. Et vu notre groupe, on a toujours les moyens de jouer le haut de tableau. Et avec le format des playoffs en D2 où l’avantage de la glace est pas si important que ça, on sait qu’une deuxième saison commence, on repart à 0. On prend notre exemple, en terminant 7e on arrive en demi-finale. Roanne l’année dernière était 8e et va aussi en demi-finale. À Annecy, on n’a pas forcément autant de talent qu’ailleurs, mais on a des joueurs intelligents qui ont connu le haut niveau, qui savent mettre l’intensité en playoffs quand ça compte. Dans ces moments-là, leur expérience compte.

STÉPHANE BARIN : Faut pas se tromper non plus, on a tous envie de gagner. Même si on ne fait pas autant de recrutement que les autres, on a autant d’ambition. Pour connaître quelques joueurs et en avoir eu d’autres au téléphone, ils ont aussi envie de gagner tous les matchs. Donc ça ne changera pas notre état d’esprit quoi qu’il arrive. Garder l’état d’esprit, c’est plus facile que de le chambouler comme on aurait pu le faire ou comme d’autres peuvent le faire. Partons comme ça avec un groupe homogène, qui se connaît, qui a l’habitude de travailler ensemble, et je pense que ça pourra aller suffisamment loin.

CYRIL PAPA : Ce qui me plait dans cette équipe, c’est qu’on a toujours terminé dans le dernier carré, très régulier dans les résultats. On a eu un titre. Tout ça avec très peu d’étrangers. Et je pense qu’on est les seuls dans ce cas-là. On a réussi a trouver un équilibre. Annecy est une ville attrayante, j’ai un peu de réseau pour trouver des joueurs avec une expérience dans le hockey et pour leur proposer un projet tout en pensant à leur reconversion (pour les plus âgés) avec nos partenaires. Et on ajoute à ça de jeunes joueurs du club ou de la région. On mélange ça avec 2/3 étrangers sur des postes où c’est plus compliqué de trouver des joueurs français, en défense par exemple. Et on arrive à avoir quelque chose de cohérent sur Annecy.

HOCKEYARCHIVES : On va faire une petite parenthèse, vous savez qu’on met souvent les statistiques avancées en avant sur notre site. Via l’excellent Thibaud Châtel de Magnus Corsi. Quel est votre approche sur cet aspect même si je sais que la D2 n’est pas le terrain le plus propice ?

STÉPHANE BARIN : Du côté de la Suisse, au niveau où j’étais, ce n’était pas un outil utilisé bien sûr. On est dans un niveau limite amateur. Par contre mon équipe était affiliée à Lausanne et j’ai plus partager pas mal de trucs avec eux et tout particulièrement avec Cristobal Huet qui s’occupe de la vidéo de Lausanne. Donc on a pas mal partagé. Et eux avaient une triplette d’entraîneurs finlandais très à cheval sur les statistiques. Donc oui, j’ai suivi tout ça même si je suis pas un grand fan de statistiques. En revanche je sais que c’est pratique de s’appuyer là-dessus sans prendre uniquement les stats en compte. Que ce soit un joueur ou une équipe. Mais c’est un plus qui est utilisé partout (NBA, NFL…), dans les grands clubs. Il y a des cellules de stats, des gens qui s’en occupent et passent leur journée à regarder des matchs et à prendre en compte les statistiques, donc c’est que ça a une valeur. Même si je ne suis pas un grand fan, c’est quelque chose sur lequel je compte m’appuyer à l’avenir. Comme quand tu vas recruter un joueur, il a mis tant de buts, tant de passes. C’est peut-être un bon joueur mais autant aller chercher les informations auprès des coachs, que ce soit son attitude, son utilisation dans le jeu, comment il se comporte…. Mais en tout cas c’est une très bonne base. Ça doit être un sacré boulot pour Magnus Corsi en tout cas !

CYRIL PAPA : Ça ne remplace pas la vision d’un match, c’est sur. Mais c’est un vrai plus. À partir du moment où on a une structure solide et professionnelle. T’es le haut niveau avec préparateur physique et le reste. Quand t’as tout ça, si en plus tu peux trouver quelqu’un qui soit dédié à ça, qui connaît le hockey. Qui a une bonne expérience. Ce n’est pas simple a trouver même dans des grands clubs ou Magnus. Et nous, on n’en est pas là du tout pour le moment. On va se concentrer sur la structure et on verra après.

HOCKEYARCHIVES : Merci à tous les deux de nous avoir accordé un peu de votre temps. À bientôt pour la reprise !

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