Dernier entraînement

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Il y avait un peu d’émotion, cet après-midi, sur la patinoire d’entrainement. L’équipe de France, sans quelques joueurs qui travaillaient hors glace, patinait ce qui sera probablement le dernier entraînement du duo Dave Henderson – Pierre Pousse.
Sauf concours de circonstances – deux défaites slovaques, et la victoire de la France contre la Suisse – les quarts de finale sont hors de vue. Mais le triste match contre les Tchèques laisse les joueurs sur leur faim, avec une envie décuplée de finir en beauté.

La séance a permis à Stéphane Da Costa et Florian Chakiachvili de retrouver la glace. De bon augure avant le dernier match de la première phase de demain, même si aucune confirmation de leur participation n’a été donnée.

La séance s’est terminée par un travail spécifique auprès des plus jeunes – Thomas Thiry, Hugo Gallet, Guillaume Leclerc notamment – près de la cage, un entraînement éreintant pour Sébastien Ylönen. Laurent Meunier ne fut pas le dernier à y mettre son grain de sel, dans la bonne humeur.

Après plus qu’une heure de glace, Damien Raux, Teddy Da Costa et Laurent Meunier ont répondu aux questions d’Hockey Archives.

Damien Raux
C’était sans doute le dernier entraînement de Dave Henderson et Pierre Pousse. Toi qui est là depuis longtemps, cela doit faire bizarre…
Oui, ça fait bizarre. On va vers un changement. Une nouvelle ère qui va commencer, et qui va sans doute tout changer dans l’équipe, on verra. C’est peut-être ce dont l’équipe de France a besoin, un peu de renouveau. Souvent, un nouveau sélectionneur a tendance à changer des joueurs, pour qu’ils lui correspondent plus. Mais la seule chose importante, c’est que l’équipe de France conserve sa place en élite.

Le match d’hier a été très difficile, comment va l’équipe ?
Oui, il a été compliqué, surtout dans la manière. On ne s’est pas présentés et ce n’est pas admissible. Même si on a obtenu le maintien, il faut faire bonne figure jusqu’à la fin. Ce n’était pas l’esprit de l’équipe de France aux Championnats du monde et il y a beaucoup de regrets.

La Suisse demain sera l’occasion de se racheter ?
On peut encore avoir les quarts, mais nous n’avons pas notre destin en mains. C’est le dernier match de Pierre et Dave et on veut qu’ils partent avec une bonne image. Il faut surtout bien finir.

Tu parlais de renouveau, il y a cinq novices cette année. De bon augure pour l’avenir ?
Oui, ils sont prêts pour ce niveau-là. Tant que l’on a pas vécu un championnat du monde, on ne peut pas le savoir, mais au bilan, ils ont montré qu’ils étaient capables. La relève est là et c’est bien pour l’équipe.

On a parfois l’impression que le public ne se rend pas compte de la difficulté d’obtenir son maintien aux Championnats du monde. Es-tu d’accord avec cela ?
Oui tout à fait. Il y a des grosses différences de niveau entre les équipes. On a beau être douzième mondiaux, il y a des écarts. Alors oui, on a accroché le Canada, la Russie, la Finlande, mais cela reste des exploits, que l’on ne peut pas faire tous les ans. Le public ne se rend pas toujours compte de l’écart qu’il y a.

But de Teddy Da Costa (c) Jonathan Vallat

Teddy Da Costa
C’était sans doute le dernier entraînement de Dave Henderson et Pierre Pousse. Toi qui est là depuis longtemps, cela doit faire bizarre…
Oui, c’est bizarre, c’est un gros changement. Depuis que je suis là, ça a toujours été Dave. Mais finalement, on ne s’en rend pas compte pour l’instant. Il y a la fin du Mondial, la soirée de remerciements à Dave… On le verra plus la saison prochaine.

Le match d’hier a été très difficile, comment va l’équipe ?
Il y avait de l’envie hier, mais pas le cœur, c’était presque comme si on jouait par obligation. Vu ce raté, demain il est primordial de faire un bon match, et d’essayer de le gagner pour Dave, de se donner à fond.

On a parfois l’impression que le public ne se rend pas compte de la difficulté d’obtenir son maintien aux Championnats du monde. Es-tu d’accord avec cela ?
Cela dépend des années. Parfois, les joueurs ont une super forme et on sait dès le début que cela se passera bien. Cette année, il y a des blessés, la retraite de Nico (Besch)… On a senti du stress. Nous n’avons pas assez combattu contre les Tchèques, mais nous avons tout donné pour les autres matchs.

Il y a cinq novices cette année. De bon augure pour l’avenir ?
Oui, après il faut de l’expérience, c’est normal. Il y a sept matchs, il faut tenir physiquement et c’est très dur l’air de rien. Ils se sont très bien présentés. Il faut de la hargne et du cœur pour réussir au Mondial, et s’ils l’ont, ils n’auront pas de problème.

Laurent Meunier
Après le Mondial 2017, tu disais que ça te permettrait de prendre des vacances… Finalement, tu n’as pas pu décrocher !
Pierre et Dave m’ont demandé, c’était difficile de refuser pour leur dernière, avec tout ce qu’on a vécu ensemble. Ma femme a très bien compris !

Quel est ton rôle ?
Je sers de relais avec les joueurs, et je m’occupe des face-offs et du PK (jeu en infériorité).

Et tu as eu le coup d’œil pour le hors-jeu contre la Slovaquie…
J’ai surtout cherché à gagner du temps ! J’attendais l’aval de Bertrand Pousse qui s’occupe de la vidéo. Tout doit aller très vite et ça a pu se faire.

Quel est ton bilan du Mondial ?
Il est satisfaisant car on a atteint l’objectif numéro 1. Mais je suis déçu des matchs contre les gros, spécialement la Russie et la République Tchèque où on a fait des non-matchs. C’est dommage, mais cela montre le fossé qu’il y a. Inconsciemment peut-être, on s’est focalisé sur les matchs importants et on a très bien négocié la Biélorussie et l’Autriche. Donc un peu déçu, quand même.

Un mot sur la Suisse, que tu connais bien ?
C’est une belle équipe, qui a bien négocié les matchs malgré la fatigue d’une longue saison. Ils ont montré beaucoup de courage et un bon esprit. En jouant là-bas, je les connais très bien. C’est une équipe qui patine bien, technique, qui a reçu de gros renforts NHL.
Nous devrons avoir l’intensité et le contenu.

C’est la fin d’une ère…
Oui. Dave et Pierre ont amené tous ces joueurs en équipe de France, ils les ont eu jeunes, les ont fait progresser. Les gars vont tout donner pour eux.

Tu rempiles la saison prochaine ? Une envie d’entraîner ?
Je vois Christian Dubé (directeur sportif de Fribourg) en rentrant pour en discuter. Après, j’ai un diplôme d’ingénieur de l’INSA que j’aimerai bien faire fructifier après une remise en niveau. Cela me permettra de gagner en stabilité pour la famille.
Mais c’était une excellente expérience. J’ai vu l’autre côté et on se rend compte qu’on a pas la même influence. C’est un gros stress, sauf qu’on ne peut pas l’évacuer sur la glace ! J’ai été bien accueilli par tout le monde, par Pierre et Dave, c’est vraiment une très bonne expérience.