La Suède récite les gammes qu’elle connaît par cœur

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Troisième rencontre des Mondiaux pour ces deux sélections qui doivent encore trouver leur rythme de croisière. Favoris naturels pour la compétition, les Suédois ont pourtant démarré par une défaite, surpris par des Tchèques (2-5) qui veulent tout autant jouer les premiers rôles. Le match suivant face à l’Italie a en revanche été une promenade de santé (8-0), et l’adversaire du soir ne devrait, à priori pas être en mesure de rivaliser.
Les Norvégiens, comme chaque année, sont dans un entre-deux assez complexe à gérer en termes d’objectif : loin du niveau des quatre favoris de la poule, mais dans le même temps a priori bien supérieurs à une sélection en lutte de survie, comme l’Italie. Hasard du calendrier, les joueurs de Petter Thoresen ont la particularité de commencer la compétition contre toutes les têtes du groupe ! Ils se présentent donc face au Tre Kronor après avoir concédé des défaites logiques face à la Russie (2-5) puis face à la République Tchèque (2-7).

Le match débute à peine que Wennberg hérite d’un puck perdu par Espeland suite à une mise au jeu en zone norvégienne et s’en va tromper tranquillement Haukeland d’un palet patiemment déposé sur la droite du gardien (0-1, 00’39’’). Première opportunité déjà convertie en but, entame très difficile pour les Ours.

Les Suédois sont installés depuis le début de la partie et sollicitent Haukeland de loin. Il faut attendre quatre minutes pour voir Kristian Forsberg tenter la première incursion rouge. Il est ensuite imité par Thoresen mais Markström gèle une rondelle dangereuse dans l’enclave. Cela a le mérite de décomplexer la Norvège, mais qui dans le même temps s’expose : sur une remontée du palet, Ekman-Larsson prend les devants puisqu’il est plutôt esseulé, son lancer à mi-hauteur trouve Hörnqvist sur son chemin, et surprend Haukeland par la même occasion (0-2, 06’40’’).

Plus le choix pour les Norvégiens que de produire du jeu, ce qui peut être facilité par une pénalité appelée contre Marcus Pettersson. Las, ils n’installent absolument pas le jeu de puissance, butant sur une mobile défense suédoise en infériorité. Son coéquipier Lindholm est ensuite sanctionné d’une interférence, mais s’il y a un peu plus d’installation « territoriale » que sur le premier essai pour la Norvège, il n’y eut guère plus de chance de marquer. Celle-ci n’arrive qu’à l’occasion de la poignée de secondes en double supériorité suite à l’appel contre Krüger, mais ça passe à côté. Double opportunité ensuite à la ligne bleue par Johannesen puis Espeland, mais Markström est solide.

Alors que la Norvège, dans l’allant des supériorités successives, prend plus d’initiative, une remontée laser de la Suède donne à Ekman-Larsson, sur un lancer tout aussi laser, la possibilité de faire sonner le poteau. Cela impulse la mise au jeu suivante suite à laquelle Nylander profite de la pagaille dans le slot pour tromper Haugeland pour la troisième fois (0-3, 18’22’’).

En toute fin de période, le palet échappe du gant du portier norvégien et Adrian Kempe n’est pas loin de récupérer l’offrande. C’est alors que les acteurs rentrent aux vestiaires dans une partie pour le moment totalement maîtrisée par la Suède, et dont l’indiscipline n’aura eu pour conséquence que d’accorder un relatif répit à l’adversaire du soir.

Les rouges et bleus reviennent sur la glace avec un jeu bien plus en profondeur, qui leur fait commander les premiers duels du tiers. Mais le talent suédois éteint directement les velléités adverses : Adrian Kempe travaille fort face à deux adversaires, récupère le palet entre ses gardes du corps, enrhume littéralement Nørstebø et conclut le travail. Premier but dans le tournoi pour l’attaquant des Kings de Los Angeles (0-4, 22’05’’). On passe tout proche de la déroute quand l’expérimenté Mathis Olimb perd tout seul un palet en défense, plein axe, mais l’offrande est sans doute trop belle, elle surprend les Suédois qui n’en font rien. Partie remise car sur un lancer de loin d’Ekman Larsson, Haugeland est surpris par la trajectoire légèrement déviée par Hörnqvist, et concède son dernier but personnel de la partie (0-5, 25’54’’).

Les affaires ne s’arrangent pas pour la Norvège. Henrik Holm est entré en jeu mais n’a pas le temps de toucher le palet. Gustafsson envoie Lander sur orbite. Celui-ci tente de retrouver Mario Kempe en première intention, il n’y parvient pas dans un premier temps mais la rondelle est laissée sur le chemin de l’attaquant suédois qui crucifie à froid le pauvre gardien des Oilers de Stavanger (0-6, 26’40’’).

Celui-ci a (presque) l’occasion de signer l’un des arrêts des Mondiaux sur la tentative suivante par Wennberg, mais le sort s’acharne. L’arrêt est réalisé, et il est même magnifique. Malheureusement pour la Norvège, le palet est capté à l’intérieur de la cage, et le but est validé (0-7, 29’38’’).

Holm peut enfin réaliser un arrêt (licite), et de fort belle manière encore, devant Mario Kempe. Il récidive devant Adam Larsson. Sur la phase suivante, la Norvège tient enfin une chance réelle par Sondre Olden qui part en un contre un, sans succès. C’est ensuite Tobias Lindström qui trouve l’extérieur du poteau de Markström, et profite de l’un des rares palets perdus par la Suède pour mettre à contribution le gardien des Canucks. Mais dans le fond, ça ne change pas grand-chose : les jaunes replacent une accélération dévastatrice, Mario Kempe part à la bataille à vitesse grand V. La fin est brouillonne dans l’enclave, et si le palet passe bien la ligne, le but n’est pas accepté après une revue par les arbitres.

Le fait est que la défense norvégienne, dépassée depuis le début de la rencontre, déjoue totalement depuis l’entrée en jeu d’Holm, qui se fait fusiller comme une nouvelle fois par Gustafsson. La Suède tient même son premier powerplay du match quand Espeland est sanctionné pour interférence. L’issue ne fait guère de mystère : Elias Lindholm passe là où tout le monde aurait lancé. Ainsi le décalage est juste parfait pour Loui Eriksson qui conclut seul au poteau (0-8, 38’40’’). La Norvège n’a pas le temps de respirer, et concède sa deuxième pénalité consécutive par Thoresen. Cela aura pour effet de démarrer le tiers final avec 1 minute 25 d’infériorité, comme ponctuation d’une période médiane qui aura fait très très mal au crâne des casques blancs.

La Norvège parvient au moins à tuer cette pénalité, grâce à un Holm autoritaire devant Gustafsson puis Eriksson. Un mauvais geste de Lindblom, bien évitable alors que le jeu était arrêté, lui vaut 10 minutes de méconduite. Les rouges tentent une belle incursion mais Haga ne parvient pas à mettre Markström en danger. Quand Forsberg rejoint le banc de pénalité, la Suède joue un jeu qui n’est pas le sien, moins en mouvement. La Norvège en profite pour sortir de sa deuxième infériorité consécutive sans encaisser de but. Holm réalise un début de tiers plus efficace que son entrée en jeu, il le prouve une fois encore en captant un lancer dangereux de Mario Kempe.

Le Tre Kronor a clairement baissé en intensité, mais fait le métier malgré tout. Elle aurait clairement souhaité sortir du match avec un jeu blanc, mais il n’en sera rien : Trettenes récupère un palet à la ligne bleue, qui propulse directement dans la cage de Markström, dont la vision était gênée par le trafic devant lui (1-8, 51’14’’).

Ce but a dû faire du bien au moral des Norvégiens. Il ne vient pas forcément récompenser les efforts consentis car le jeu demeure tout de même sous l’emprise suédoise, mais il marque une réaction d’orgueil qui a le mérite d’exister. Le gain du tiers est d’ailleurs possible alors, mais pour cela il va falloir défendre fort quand Bonsaksen est sanctionné à moins de 5 minutes de la sirène. Et les joueurs de Rikard Grönborg tout proches d’équilibrer la fiche d’efficacité en supériorité dans la rencontre, mais le but est marqué au retour au complet (pour 3 secondes). Nylander trouve Lindblom oublié qui dévie derrière la ligne (1-9, 57’29’’).

Le compteur s’arrête alors sans que les Suédois ne parviennent à atteindre la dizaine, ce qui est à ce niveau bien anecdotique. Les joueurs aux trois couronnes ont fait preuve d’un très grand sérieux durant cette rencontre. Son jeu de vitesse et de dédoublement assure le statut de prétendant au titre, tant la démonstration technique est maîtrisée et semble s’adapter à tous les styles de jeu adverses. Deux jours de repos attendent désormais la sélection, qui reviendra jeudi sur la glace pour affronter l’Autriche.

La Norvège n’avait certainement pas coché cette rencontre comme l’une de celles où elle pouvait prendre des points, c’est une certitude. Toutefois, elle semble avoir joué avec ses moyens, bien en-deçà de l’arsenal suédois, sans laisser filer le match. Le calendrier d’enfer se poursuit puisque mercredi, la Norvège boucle la boucle en affrontant la Suisse. C’en est presque à penser que son tournoi débutera réellement vendredi face à l’Autriche.

Désignés joueurs du match : Mathias Trettenes pour la Norvège, William Nylander pour la Suède.

Norvège – Suède 1-9 (0-3, 0-5, 1-1)
Lundi 13 mai 2019 à l’Ondrej Nepala Arena de Bratislava. 8 850 spectateurs.
Arbitrage de Roman Gofman (RUS) et Gordon Schukies (ALL), assistés de Bill Hancock (USA) et Joep Leermakers (HOL).
Pénalités : Norvège 8’ (0’, 4’, 4’), Suède 16’ (6’, 0’, 10’)
Tirs : Norvège 17 (7, 5, 5), Suède 44 (15, 22, 7)

Récapitulatif du score :
0-1 à 00’39’’ : Wennberg assisté de Nylander
0-2 à 06’40’’ : Hörnqvist assisté d’Ekman-Larsson et Nylander
0-3 à 18’22’’ : Nylander assisté de Wennberg
0-4 à 22’05’’ : A.Kempe assisté de Lander
0-5 à 25’54’’ : Hörnqvist assisté d’Ekman-Larsson et Larsson
0-6 à 26’40’’ : M.Kempe assisté de Lander et Gustavsson
0-7 à 29’38’’ : Wennberg assisté de Nylander
0-8 à 38’40’’ : Eriksson assisté de Lindholm et Pettersson (sup. num.)
1-8 à 51’14’’ : Trettenes assisté de Valkvae Olsen
1-9 à 57’29’’ : Lindblom assisté de Nylander et Lander

Norvège

Attaquants :
Sondre Olden (-1) – Mathis Olimb (A, -1) – Patrick Thoresen (A, 2’, -1)
Mathias Trettenes – Michael Haga (-1) – Thomas Valkvæ Olsen
Martin Røymark (-4) – Tobias Lindström (-4) – Andreas Martinsen (-4)
Niklas Roest (-1) – Kristian Forsberg (2’, -2) – Alexander Reichenberg (-1)

Défenseurs :
Erlend Lesund (-1) – Jonas Holøs (-3)
Alexander Bonsaksen (2’, -4) – Stefan Espeland (2’)
Mattias Nørstebø (-3) – Johannes Johannesen (-4)
Christian Bull – Christian Kåsastul

Gardien :
Henrik Haukeland puis Henrik Holm à 25’54’’

Non alignés : Jonas Arntzen (G), Tommy Kristiansen, Mats Rosseli Olsen.

Suède

Attaquants :
William Nylander (+6) – Alexander Wennberg (+5) – Patric Hörnqvist (A, +5)
Oskar Lindblom (10’, +1) – Elias Lindholm (2’, -1) – Elias Pettersson (-1)
Loui Eriksson – Anton Lander (+3) – Adrian Kempe (+2)
Dennis Rasmussen (+1) – Marcus Krüger (2’) – Mario Kempe (+1)

Défenseurs :
Oliver Ekman-Larsson (C, +3) – Adam Larsson (+3)
Mattias Ekholm (A, +3) – Erik Gustafsson (+3)
Robert Hägg – Marcus Pettersson (2’, +1)

Gardien :
Jacob Markström

Remplaçant : Henrik Lundqvist (G). Non alignés : Jhonas Enroth (G), Jesper Bratt

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