Une victoire laborieuse

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Les États-Unis sont revanchards : battus la veille par le Canada, ils comptent bien amasser tous les points face à une victime désignée. Le promu allemand avait concédé un sévère 7-1 en préparation – quadruplé de Cole Caufield – et n’a plus battu les États-Unis depuis un succès en prolongations en 2007. Au total, les Américains comptent 10 victoires en 11 matchs.

Pour autant, la leçon de la veille n’a pas été retenue. Après avoir concédé trois buts à cause de pénalités contre le Canada, ils se retrouvent en infériorité dès la première présence sur une faute inutile de Wahlstrom en zone offensive. Dustin Wolf sort déjà un bon arrêt pendant la pénalité différée : le remplaçant de Spencer Knight débute fort.

Moritz Seider, la star défensive allemande, enchaîne une présence de 1’30 par le jeu de puissance, et semble parti pour un temps de jeu inhumain. L’Allemagne, bien en place, fait tourner le palet. De la pointe à droite, puis à l’opposé, encore à l’opposé… Un but dans le dos de la défense signé John Jason Peterka, servi superbement par Tim Stützle (1-0).

Le coup de froid sur les États-Unis ne dure pas très longtemps. Les Américains prennent possession du disque, tournent bien le palet et décalent Jordan Harris. Le défenseur, plein axe, fait mouche (1-1).

Après ces deux buts, le match entre dans une sorte de faux rythme. Les occasions se font rares. L’Allemagne repousse bien le jeu vers l’extérieur et limite les mouvements adverses. Au fil des minutes, les hommes de Tobias Abstreiter prennent confiance. Fleischer s’infiltre ainsi entre les cercles et tombe, la crosse de Pivonka entre les patins. L’attaquant américain, fils d’un ancien capitaine de l’équipe junior slovaque, concède deux minutes.

Le jeu de puissance tourne encore, trop périphérique, jusqu’à ce que Lobach reçoive le palet dans le slot. Wolf suit bien et bloque le palet. La pénalité est tuée et les Bleus partent en contre. Robertson vole un palet le long de la bande et sert Pinto, pour une passe dans le dos vers Trevor Zegras. Le grand attaquant embarque un défenseur et sert dans son dos Zac Jones, dont le tir ne laisse aucune chance au gardien Tobias Ancicka (1-2). Les États-Unis virent en tête, sans vraiment avoir montré grand chose.

Limités à 6 tirs au premier tiers (contre 7), les Américains n’exploitent pas une supériorité numérique en début de deuxième période et se retrouvent même punis dans la foulée. Seider allume de la bleue et Peterka parvient à glisser le rebond derrière la jambière, collé au poteau droit (2-2). C’est le cinquième but concédé en infériorité par les États-Unis en un match et demi…

Englués dans un match bien plus serré qu’attendu, les États-Unis ne parviennent pas à franchir une excellente défense allemande. Et le promu joue même en patron : une longue relance de Lukas Reichel envoie Justin Schütz en deux-contre-un. Sa passe vers Dominik Bokk offre une occasion parfaite, que le joueur de Rögle ne rate pas (3-2).

https://twitter.com/IIHFHockey/status/1210642065354362881

Sur la présence suivante, Peterka intercepte un palet et frôle le triplé. Wolf sauve son camp, des coéquipiers qui semblent perdus sur la glace. Le coach Sandelin multiplie les changements de ligne, sans mettre ses meilleurs joueurs dans les conditions parfaites. On a plus l’impression d’une collection d’individualités que d’un collectif bien huilé…

Une pénalité les replace un peu dans le match. Il y a un sentiment d’urgence, avec plus de vitesse de déplacement. Mais Turcotte est puni pour avoir touché le gant du gardien en train de geler le disque, pour une pénalité sévère.

Les deux équipes reviennent à cinq contre cinq. Un revirement permet à Miller de percer à travers la neutre. En entrée de zone, il effectue une passe-abandon vers Zegras, qui s’infiltre, lance au but et offre ainsi un rebond pour Shane Pinto (3-3).

https://twitter.com/IIHFHockey/status/1210644160077799424

Voilà que le jeu commence à pencher sérieusement dans le camp allemand et à forcer Ancicka à s’employer. Caufield est ainsi servi au cercle gauche et chauffe la mitaine du portier de Lukko.

L’Allemagne tente de répliquer, mais Jones défend bien et le promu se fait prendre en contre. Un palet remonte à toute vitesse sur l’aile droite vers Zegras, qui contourne la cage… mais passe derrière lui, piégeant le gardien. Sa passe dans le dos trouve Curtis Hall pour un but malin (3-4). C’est la quatrième assistance de Zegras, un espoir d’Anaheim, dans ce match… en seulement 4’44 de temps de jeu. Largement secoués par les Allemands, les États-Unis parviennent à rentrer au vestiaire avec un but d’avance.

Au retour, Scott Sandelin chamboule tous ses trios : Zegras rejoint Drury et Ford ; Turcotte centre Beecher et Kaliyev ; Caufield, Hall et Pivonka sont alignés ensemble. Cela ne donne pas beaucoup d’occasions, mais la possession reste américaine.

Curtis Hall provoque une faute de Wirt et le jeu de puissance tente de s’installer. Un premier essai de Robertson ne trouve pas le cadre, mais le disque est renvoyé à la bleue. Le tir lointain met le feu dans le slot et Bobby Brink parvient à trouver le rebond (5-3).

Les tirs commencent à pleuvoir, avec Turcotte et Zegras en chefs de file. Les lignes continuent de changer, l’entraîneur américain cherchant toujours la bonne combinaison. Pinto se retrouve ainsi avec Wahlstrom : un mouvement payant. L’espoir des Islanders, servi sur l’aile gauche, repique vers le but, fixe et le gardien et creuse le score (6-3).

L’Allemagne subit de plus en plus, sans doute à la peine physiquement lorsque les États-Unis ont augmenté leur rythme. Mais à six minutes de la fin, une série de pénalités laisse au promu une opportunité de revenir, avec un cinq-contre-trois. Le temps mort prépare les débats, mais le double avantage n’est pas bien géré. Seider et Stützle s’échangent trop de politesses et les tirs sont contrés. Wolf termine le travail avec un bel arrêt sur sa gauche. Les tirs s’enchaînent sur la fin de la supériorité, sans parvenir à mettre Wolf sous pression.

Les États-Unis gèrent la fin de match et obtiennent l’essentiel : la victoire. L’Allemagne aura produit du très beau hockey pendant deux tiers, avant de craquer dans le troisième. La faute à une baisse physique ou à l’augmentation du rythme adverse ? Sans doute un peu des deux, mais le talent est indéniablement là. Côté américain, il faudra vite corriger l’indiscipline, le jeu en infériorité et la précision dans le jeu de passe. Le chantier est loin d’être achevé.

Désignés joueurs du match : Trevor Zegras (États-Unis) et John-Jason Peterka (Allemagne)

Allemagne – États-Unis 3-6 (1-2, 2-2, 0-2)
Vendredi 27 décembre 2019 à 19h00 à l’Ostravar Arena (TCH). 5013 spectateurs.
Arbitrage de Ivan Fateev (RUS) et Vladimir Pesina (TCH) assistés de Nikita Shalagin (RUS) et Simon Synek (SVK).
Pénalités : Allemagne 8′ (2′, 4′, 2′), États-Unis 12′ (4′, 4′, 4′)
Tirs : Allemagne 20 (7, 8, 5), États-Unis 29 (6, 13, 10)

Évolution du score :
1-0 à 02’32 : Peterka assisté de Stützle et Bokk (sup. num.)
1-1 à 07’04 : Harris assisté de Zegras et Kaliyev
1-2 à 18’37 : Jones assisté de Zegras et Pinto
2-2 à 22’53 : Peterka assisté de Seider et Bokk (sup. num.)
3-2 à 28’36 : Bokk assisté de Schütz et Reichel
3-3 à 34’16 : Pinto assisté de Zegras et Miller
3-4 à 38’31 : Hall assisté de Zegras et Pivonka
3-5 à 47’18 : Brink assisté de Robertson et Wahlstrom (sup. num.)
3-6 à 50’51 : Wahlstrom assisté de Pinto

Allemagne

Attaquants :
Lukas Reichel – Taro Jentzsch (-1) – Dominik Bokk (-1)
Tim Stützle (-1) – Justin Schütz (A, 2′) – John-Jason Peterka
Nino Kinder (-1) – Luis Schinko (-1) – Dennis Lobach (2′)
Jan Nijenhuis (-3) – Tim Fleischer (-2) – Yannik Valenti (-2)

Défenseurs :
Moritz Seider (C, 2′) – Eric Mik (-2)
Daniel Wirt (2′, -1) – Leon Hüttl (A, -3)
Philip Mass (-1) – Alexander Dersch (-1)
Niklas Heinzinger

Gardien :
Tobias Ancicka

Remplaçant : Hendrik Hane (G). Réservistes : Philipp Maurer (G), Louis Brune (A)

États-Unis

Attaquants :
Nick Robertson (+2) – Shane Pinto (+3) – Oliver Wahlstrom (A, 4′, +1)
John Beecher – Jack Drury – Cole Caufield
Alex Turcotte (2′) – Parker Ford – Bobby Brink (-1)
Trevor Zegras (2′, +4) – Jacob Pivonka (2′, +1) – Curtis Hall (+2)
Arthur Kaliyev (+1)

Défenseurs :
Mattias Samuelsson (C, 2′, +1) – Jordan Harris (+2)
K’Andre Miller (A, +1) – Spencer Stastney (+1)
Zachary Jones (+2) – Ty Emberson (+2)
Cameron York

Gardien :
Dustin Wolf

Remplaçant : Spencer Knight (G). Réserviste : Isaiah Saville (G).

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