Le réalisme finlandais

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Le Kazakhstan a plutôt bien joué, mais perdu les deux matchs a priori les plus accessibles. La Suisse a dû patienter jusqu’au troisième tiers pour faire la différence. La Slovaquie a encore plus souffert et attendu les dix dernières minutes.

Pour échapper au duel de relégation, les joueurs d’Asie centrale vont désormais tomber sur deux géants : la Finlande, qu’ils n’ont jamais battue (6 défaites), puis la Suède, qu’ils n’ont jamais battue non plus et qui n’a plus perdu en tour préliminaire depuis 2007. Une montagne… Roman Kalmykov, habituellement remplaçant, est désigné comme gardien partant.

La Finlande a bien cru faire tomber la Suède en ouverture, mais a gaspillé son avance au score et s’est inclinée en prolongation. En revanche, les Nordiques n’ont eu aucune pitié pour la Slovaquie, laminée 7-1 samedi.

Privés de Rasmus Kupari, leur attaquant vedette blessé lors du premier match et rentré à Los Angeles pour des examens plus poussés, les joueurs de Raimo Helminen débutent avec la possession. Mais Santeri Hatakka se rend coupable d’une obstruction dans son camp, offrant le premier jeu de puissance de la partie. Eemil Erholtz manque pourtant d’ouvrir le score. Une longue passe l’envoie dans le dos de la défense et en contre-attaque, mais il échoue sur le gardien Roman Kalmykov. Ce sera l’occasion la plus nette de la séquence, l’attaque kazakhe ne parvenant pas à s’installer.

L’avantage numérique s’inverse peu après lorsque Puistola est mis au sol dans son propre camp. Saikov sort pour faire trébucher – et ce sera sa seule et unique présence du match… L’attaquant se fait justice lui-même avec son troisième du tournoi, à la réception dans le slot d’un tir-passe de Tanus (0-1).

Le but place la Finlande en confiance. Un peu trop : nouvelle supériorité kazakhe après huit minutes de jeu. Sampo Ranta n’échappe pas à la sanction des officiels pour un retenir. Andrei Buyalsky se crée la plus belle chance en débordant sur l’aile gauche, sans parvenir à s’ouvrir suffisamment l’angle pour tromper le gardien. L’équipe spéciale se montre de plus en plus dangereuse et Buyalsky finit par trouver la faille avec un joli tir du cercle droit, suite à une belle séquence de jeu de ses coéquipiers autour et derrière le but (1-1).

La partie s’avère donc plus serrée que prévu. Les occasions se font rares, et les deux gardiens ont peu de travail. Buyalsky, en feu, obtient un bon tir de la droite lors d’un 2 contre 1, témoignage de la mentalité kazakhe : pas de passivité. Toutefois, la talent technique et collectif des Finlandais reste dangereux. Une attaque en ligne, une passe transversale de Puistola et Oden parvient à reprendre de volée. Tanus traîne sur la trajectoire et le palet le touche, piégeant le gardien (1-2).

Une nouvelle pénalité de Ranta ne donne rien. Le jeu reste hâché : Korolyov laisse traîner sa crosse et les arbitres n’ont pas d’autre choix que de le sanctionner à son tour. Pas de but avant la pause, mais encore 1’15 d’avantage à venir.

Les Nordiques font le trou dès la reprise à la faveur de cette supériorité. Matias Maccelli est servi en haut des cercles, plein axe, et son tir est bien trop rapide pour le gardien, en hauteur côté mitaine (1-3).

Korolyov poursuit l’indiscipline kazakhe, mais une bonne action en infériorité, derrière la cage finlandaise, envoie Heinola en prison pour faire trébucher. C’est un 4 contre 4, qui ouvre le jeu encore un peu plus. Cela patine fort des deux côtés, avant que la Finlande ne commette un surnombre et n’offre 18 secondes de 5 contre 3. Tout ce temps ne change pas le score. Le retour à égalité numérique permet à la Finlande d’assurer son avance, grâce à une domination en possession qui crée des occasions. Il peut aussi s’agir de revirements bien anticipés, à l’image d’un tir de Eemil Erholtz ou d’un 2-contre-1 Sampo Ranta – Aatu Räty.

Un Räty peut en cacher un autre : les deux frères combinent en fin de tiers. Aku déborde sur l’aile droite et trouve Aatu au deuxième poteau. Le plus jeune des deux conclut dans une cage ouverte, tout en prenant un défenseur de plein fouet (1-4).

Le capitaine Gaitamirov vient ensuite charger Puistola au milieu de la glace et les officiels le sanctionnent. La relance cafouille cependant. L’excellent Asukhanov profite d’une petite panique du gardien finlandais pour voler un palet et provoquer le danger avec son équipier Omirbekov. Nousianen stoppe l’action de manière irrégulière, annulant la supériorité. Un faire trébucher de Kokkonen donne même 1’12 de 5 contre 3 au Kazakhstan. Malgré un beau jeu de passes et un essai entre les cercles, l’équipe spéciale ne convertit pas. Le Kazakhstan est même sauvé par le poteau dès le retour à égalité numérique, lorsqu’une passe de Maccelli détournée trouve Saarela seul devant le but.

On ne joue pas longtemps à égalité dans ce match très haché. Dikhanbek se fait physique et, après une première charge correcte sur Aku Räty, est sanctionné pour une autre charge dans le coin. À la pause, la Finlande mène 4-1 et comptera sur 1’47 de supériorité pour accentuer l’écart.

Le Kazakhstan fait plutôt jeu égal dans ce match. La différence se fait en équipes spéciales, où il n’a pas réussi à convertir ses supériorités. La défense s’en sort de son côté plutôt bien et efface l’avantage finlandais dès la reprise. Malgré tout, le jeu se déroule de plus en plus dans la zone défensive kazakhe… jusqu’à une obstruction inutile de Seppälä.

La Finlande repousse bien le jeu en périphérie et contre, avec Aku Räty et un tir dangereux en tête de cercle. Le jeu de puissance demeure encore une fois muet. La sanction ne tarde pas, avec une contre-attaque féroce des joueurs de Helminen. Oden intercepte dans son camp et démarre à toute vitesse. Il feinte le tir et trouve Puistola au deuxième poteau, cage ouverte (1-5).

Toujours aussi entrecoupée par les fautes, la partie voit Aku Räty puni à mi-tiers. Encore une fois, la défense finlandaise ne laisse rien passer. Le match échappe aux Kazakhs. Kokkonen est libéré en haut au cercle droit et exploite un écran (1-6). Il n’y a pas grand chose en face, à l’exception d’une percée de Chalov qui lance en déséquilibre, sans difficulté pour le gardien.

En toute fin de match, une contre-attaque efficace creuse encore un peu plus l’écart. Maccelli reprend au deuxième poteau sur la jambière du gardien, mais Nousiainen prend le rebond (1-7). Un score bien lourd pour un match plus équilibré dans le jeu.

La Finlande prend provisoirement la tête du groupe A, en attendant le troisième match de la Suède. Les joueurs de Raimo Helminen n’ont guère tremblé ce soir, en dépit de leur indiscipline. Un point noir à corriger dans l’optique de la défense de leur titre. Le Kazakhstan, pour sa part, rejoindra la poule de relégation. Même un exploit improbable contre la Suède ne suffirait pas à atteindre les quarts.

Désignés joueurs du match : Yusup Asukhanov (Kazakhstan) et Patrik Puistola (Finlande)

Kazakhstan – Finlande 1-7 (1-2, 0-2, 0-3)
Dimanche 29 décembre 2019 à 15h à la Werk Arena de Trinec (TCH). 3012 spectateurs.
Arbitrage de Fraser Lawrence (CAN) et Vladimir Pesina (TCH) assistés de Ludvig Lundgren (SUE) et Nikita Shalagin (RUS)
Pénalités : Kazakhstan 10′ (4′, 6′, 0′), Finlande 18′ (6′, 8′, 4′)
Tirs : Kazakhstan 22 (9, 7, 6), Finlande 34 (9, 14, 11)

Évolution du score :
0-1 à 06’01 : Puistola assisté de Tanus et Heinola (sup. num.)
1-1 à 10’13 : Buyalski assisté de Asukhanov et Dyomin (sup. num.)
1-2 à 14’31 : Tanus assisté de Oden et Puistola
1-3 à 20’54 : Maccelli assisté de Thomson (sup. num.)
1-4 à 32’37 : Aatu Räty assisté de Aku Räty et Heinola
1-5 à 47’06 : Puistola assisté de Oden
1-6 à 53’49 : Kokkonen assisté de Utunen
1-7 à 57’58 : Nousiainen assisté de Maccelli et Killinen

Kazakhstan

Attaquants :
Ruslan Dyomin (-1) – Andrei Buyalsky (-1) – Yusup Asukhanov (A, -1)
Oleg Boiko – Denis Chaporov (-1) – Maksim Musorov (A, -1)
Stanislav Aleksandrov (-2) – Konstantin Bondarenko (-2) – Alikhan Omirbekov (-2)
Nikita Lyapunov – Ansar Shaikhmeddenov – Maksim Chalov
Vladislav Saiko (2′)

Défenseurs
Tamirlan Gaitamirov (C, 2′, -1) – Madi Dikhanbek (2′)
Artyom Korolyov (4′, -3) – Danil Butenko (-2)
Timofei Katasonov (-1) – Vladimir Shlychkov (-2)
David Muratov (-1)

Gardien :
Roman Kalmykov

Remplaçant : Maksim Pavlenko (G). Réserviste : Vladislav Nurek (G)

Finlande

Attaquants :
Lenni Killinen (+1) – Antti Saarela (+1) – Matias Maccelli (A, +1)
Joonas Oden (+2) – Kristian Tanus (+2) – Patrik Puistola (+2)
Sampo Ranta (4′, +2) – Aatu Räty (+2) – Aku Räty (2′, +2)
Ville Petman – Eemil Erholtz

Défenseurs :
Kim Nousiainen (2′, +2) – Lassi Thomson (C, +2)
Santeri Hatakka (2′, +1) – Ville Heinola (2′, +1)
Mikko Kokkonen (2′, +1) – Toni Utunen (A, +1)
Anttoni Honka (+1) – Peetro Seppälä (2′, +1)

Gardien :
Kari Piiroinen

Remplaçant : Justus Annunen (G). Réserviste : Jasper Patrikainen (G). Blessé : Rasmus Kupari (genou, rentré à Los Angeles)

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