La défense américaine étouffe la Russie

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Dans un groupe B plus que jamais ouvert – les cinq équipes comptent trois points – cet États-Unis – Russie vaut de l’or. Le gagnant assure sa qualification en quarts, et mettra la pression sur un Canada en pleine crise identitaire après la fessée reçue samedi contre la Russie.

Les Américains ont bien réagi après leur défaite inaugurale en battant l’Allemagne et peuvent s’appuyer sur leur bilan : quatre victoires de rang contre les Russes. Scott Sandelin aligne bien sûr Spencer Knight dans les buts, et modifie sensiblement l’alignement. Trevor Zegras, brillant contre l’Allemagne, monte en grade et est assisté de son compère de toujours, Cole Caufield, dans l’espoir de relancer le sniper.

 

Les États-Unis attaquent la cage dès les premières minutes et décrochent un premier jeu de puissance. Le duo Turcotte-Zegras fait déjà très mal, et il faut un Miftakhov au sommet de son art pour repousser une énorme occasion. Wahlstrom, en angle fermé, touche aussi le gardien au masque. Pas de but en supériorité, mais le jeu penche clairement dans la zone défensive russe, où Romanov joue en patron.

La Russie finit par desserrer l’étau et obtient à son tour une supériorité numérique : deux cinglages sur la même présence d’Arthur Kaliyev ! Les États-Unis, qui ont craqué déjà cinq fois en deux matchs à un de moins, s’arc-boutent sur leur cage. Sokolov sert de bougie d’allumage et Knight tient le fort. L’unité défensive, agressive, cantonne les Russes le long des bandes et l’horloge défile. Au final, deux tirs seulement parviennent sur le gardien, avec une contribution remarquable de Stastney, Beecher et Emberson au bloc.

La partie s’équilibre, avec un excellent échec-avant américain qui gêne la relance russe. Les occasions disparaissent peu à peu tant les deux défenses sont en bonne position. Les duels sont accrochés, physiques. Une charge de Romanov secoue ainsi Beecher en entrée de zone. Les deux gardiens sont tout aussi bien placés et bloquent les rares tirs qui franchissent le rideau. Dans la dernière minute, Mysul percute violemment Pinto dans la neutre. Le défenseur russe est sanctionné de 2+10′ pour une charge jugée trop haute. Un premier tir de Kaliyev est contré avant la sirène.

 

À la reprise, le jeu de puissance se montre laborieux, et s’achève même prématurément sur une faute de Robertson : il pousse trop loin un palet et, en voulant le récupérer, place sa crosse entre les patins d’un défenseur. Knight doit intervenir à plusieurs reprises sur l’avantage russe. Globalement, la défense résiste sans trop de difficulté, mais il faut beaucoup de sacrifices au bloc. Au retour au complet, Drury peine à reprendre le jeu après avoir contré un tir puissant de Romanov.

Les États-Unis évoluent en contre. Turcotte gagne un duel le long de la bande et sa récupération permet à Jones de lancer au but en pivot, trouvant le bout de la botte de Miftakhov le long du poteau.

Une crosse perdue vient frapper Pinto au visage, et Voronkov charge de son côté Wahlstrom : les deux hommes sont punis pour cet échange d’amabilités. Il y a des espaces et Khovanov s’avance sans opposition, se heurtant à Knight. De l’autre côté, un jeu de passe avec écrans libère Zac Jones, qui chauffe la mitaine de Miftakhov.

Ce temps fort se confirme avec une autre pénalité contre Sokolov, pour obstruction. Le gardien russe se trouve sous pression et répond présent, notamment sur une volée de Wahlstrom. La circulation du palet est magnifique, avec la recherche de déviations dans le slot.

Cela se rapproche tout autant de l’autre côté lors d’un cinglage de Stastney. Knight, secondé par une défense au sacrifice notamment K’Andre Miller, résiste à un cafouillage dans le slot. L’équipe spéciale s’en sort encore, et Kruglov est puni à son tour dans son camp avec un faire trébucher sur un débordement à l’aile droite.

La Russie trouve le poteau en infériorité, mais les États-Unis finissent par s’installer. La vision du jeu de Zegras est superbe et il trouve Kaliyev de volée, du centre du cercle gauche à celui de droite (1-0). Kaliyev, né en Ouzbékistan mais qui a grandi aux États-Unis, débloque donc le match. Sur l’engagement, un palet trouve son chemin au fond des filets avec un contre favorable à Robertson (2-0). Deux buts en six secondes !

Tout tourne en faveur des États-Unis, avec une nouvelle pénalité russe contre Voronkov. La pression s’accentue, mais Miftakhov résiste. Rtischev se chauffe avec un attaquant américain au buzzer : ce match tient toutes ses promesses.

Dès le coup d’envoi de la troisième période, une percée de Kaliyev lui ouvre un angle de tir. Miftakhov ne parvient pas à contrôler le lancer (3-0). Askarov entre en jeu dans les buts russes…

Peut-être trop soulagés d’avoir creusé l’écart, les Américains se montrent un peu trop spectateurs et laissent Romanov expédier une mine sur une passe en retrait, bien masquée (3-1).

La Russie jette ses dernières forces dans la bataille et le palet quitte peu le camp américain. Mais l’indiscipline de Sokolov n’arrange pas leurs affaires. Aleksandrov tente bien de s’échapper, sans réussite devant un Knight d’un calme olympien. Les Américains n’en profitent pas… et inversent la situation lorsque Stastney est pris pour un faire trébucher.

Encore une fois, Samuelsson puis Drury bloquent les volées adverses, protégeant Knight. La performance défensive et collective est impériale, avec notamment un Pinto dominant aux mises au jeu. La Russie sort son gardien à deux minutes de la fin et continue de pousser. La défense, agressive, dépasse la limite : Parker Ford assène une mise en échec appuyée sur Khovanov, qui reste sur la glace. Un geste qui ne plaît pas à Voronkov, et les esprits s’échauffent.

Les États-Unis tiennent jusqu’au bout et remportent une victoire précieuse, qui les qualifie en quarts. Avec 25 arrêts de Spencer Knight et sans doute encore plus de tirs bloqués par la défense, la prestation des Etats-Unis se révèle plutôt convaincante. C’est la cinquième victoire de suite des Américains contre les Russes au Mondial junior.

Paradoxalement, la victoire aide le Canada, qui les a battus en ouverture. Les voisins nord-américains pourraient s’emparer de la première place du groupe.
Pour la Russie, c’est un sérieux coup d’arrêt. Il ne reste qu’un match, face à l’Allemagne, pour assurer la qualification en quarts. Il y a eu beaucoup trop d’indiscipline dans ce match.

Désignés joueurs du match : Alexander Romanov (Russie) and Spencer Knight (États-Unis).

États-Unis – Russie 3-1 (0-0, 2-0, 1-1)
Samedi 29 décembre 2019 à 19h00 à l’Ostravar Arena (TCH). 8693 spectateurs.
Arbitrage de Andreas Harnebring (SUE) et Michael Campbell (CAN) assistés de Chad Huseby (CAN) et Vit Lederer (TCH).
Pénalités : États-Unis 16′ (4′, 6′, 6′), Russie 26′ (4’+10′, 8′, 4′)
Tirs : États-Unis 24 (10, 7, 7), Russie 26 (8, 9, 9)

Évolution du score :
1-0 à 36’41 : Kaliyev assisté de Zegras et Caufield (sup. num.)
2-0 à 36’47 : Robertson assisté de Wahlstrom
3-0 à 41’20 : Kaliyev assisté de Zegras et Drury
3-1 à 43’04 : Romanov assisté de Zhuravlyov et Alexandrov

États-Unis

Attaquants :
Nick Robertson (2′, +1) – Shane Pinto (+1) – Oliver Wahlstrom (A, 2′, +1)
Trevor Zegras – Jack Drury – Arthur Kaliyev (4′, +1)
John Beecher – Alex Turcotte – Cole Caufield
Bobby Brink – Curtis Hall (2′) – Parker Ford (2′, -1)
Jacob Pivonka

Défenseurs :
Mattias Samuelsson (C, +2) – Jordan Harris (+2)
K’Andre Miller (A) – Spencer Stastney (4′)
Zachary Jones (-1) – Ty Emberson (-1)
Cameron York

Gardien :
Spencer Knight

Remplaçant : Dustin Wolf (G). Réserviste : Isaiah Saville (G)

Russie

Attaquants :
Grigori Denisenko (C, -1) – Aleksandr Khovanov (2′, -1) – Egor Sokolov (4′, -1)
Pavel Dorofeyev – Dmitri Voronkov (6′, +1) – Nikita Alexandrov (+1)
Kirill Marchenko (-1) – Ivan Morozov (-1) – Vasily Podkolzin (A, -1)
Nikita Rtishchev – Maksim Sorkin – Ilya Kruglov (2′)
Maksim Groshev (+1) [6 présences au 3e tiers]

Défenseurs :
Aleksandr Romanov (+1) – Danila Zhuravlyov (+1)
Danil Mysul (2’+10′, -2) – Yegor Zamula (-2)
Daniil Pylenkov – Danila Galenyuk
Anton Malyshev [4 présences au 2e tiers]

Gardiens :
Amir Miftakhov puis Yaroslav Askarov à 41’20

Réserviste : Daniil Isayev (G)

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