Rouen – Amiens (Coupe de France, 16e de finale)

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La revanche de la finale de Coupe de France dès l’entrée en lice des deux équipes : cette grande affiche des seizièmes de finale de Coupe de France devait se dérouler le 1er novembre avant d’être reportée lors de la suspension des compétitions. Ce Rouen-Amiens se déroule finalement une semaine avant Noël dans un contexte de reprise progressive des championnats, d’abord par l’entremise de la télévision. Les tribunes sont uniquement remplies de peluches, les supporters sont devant la chaîne Sport en France. Les Rouennais sont habillés en costume de Père Noël, rouge à barbe blanche, des maillots spéciaux qui seront vendus aux enchères pour être reversés au Fonds de dotation des Dragons qui finance la communauté associative locale. Des couleurs presque amiénoises quand on les complètes d’un casque et d’une culotte noirs !

Lhenryfabrice Rouen 20200218278Les Gothiques ont effectué deux rencontres de préparation, contre Rouen (3-2 a.p.) et à Cergy (3-1 avec trois buts enchaînés en 1’33), pour être prêts à ce défi. Ils s’efforcent de tenir un rythme qui s’avère élevé dans les premières minutes, et ils se créent une bonne occasion par Baptiste Bruche sur une passe de derrière la cage de Thomas Suire. Mais pendant la première pénalité rouennaise (pour surnombre), Rolands Vigners met en échec le défenseur Jérémy Beaudry dans la zone amiénoise, récupère le palet laissé libre et ouvre le score (1-0). Vigners s’offre même un second face-à-face avec le gardien sur une passe du revers de Cam Barker, mais Buysse prend sa revanche. En fin de tiers, Arturs Sevcenko entre en zone sur la droite et centre pour Antonin Plagnat qui est passé derrière son défenseur, mais le jeune Amiénois bute du revers sur un solide Pintaric.

Amiens part fort en deuxième période avec deux minutes de pressing en zone offensive. C’est la jeune quatrième ligne rouennaise (où le centre de 16 ans Kaylian Leborgne a changé d’ailiers par rapport à la semaine dernière en championnat avec Tomasino et Gueurif) qui inverse la pression et intercepte les relances picardes. Lors d’un double renversement de jeu pendant des changements de joueurs, Baptiste Bruche est lancé seul au but : il feinte à gauche mais ne cadre pas son revers. Les unités spéciales semblent alors consacrer les Dragons. Après un échange de pénalités, Rouen rejoue en infériorité et est tout près d’inscrire un second but dans cette situation de jeu : Juha Koivisto part en contre-attaque, mais son lancer, au-dessus de la mitaine de Buysse, frappe la barre transversale ! Puis, lorsque Guillaume Leclerc lève sa crosse devant Cam Barker, les occasions normandes se multiplient lors de l’avantage numérique : Buysse y arrête deux tirs dangereux à mi-distance de Guttig et de Lampérier. Ce temps fort normand ne s’est pas concrétisé, et Amiens remet les gaz. Arturs Sevcenko part en 2 contre 1 avec Guillaume Leclerc, mais quand le second Rouennais revient, le Letton attend et remet intelligemment en retrait pour Aziz Baazi venu amener le surnombre en troisième homme (1-1).

Au début du troisième tiers-temps, Jérémie Romand percute Vigners genou contre genou, mais la boîte amiénoise fait du bon travail pendant l’infériorité. Jacome et Bruche vont même perturber Flood dans sa zone pour gagner du temps. Au retour à 5 contre 5, le malchanceux Koivisto fait résonner le métal da cage amiénoise pour la seconde fois de la soirée. Le meneur attendu de l’attaque rouennaise Brock Trotter, assez transparent, retourne en prison pour un cinglage. Joe West remporte l’engagement et sert aussitôt dans l’axe Alexandre Boivin – en photo ci-dessous – qui vise la lucarne gauche (1-2). Quand Joël Caron touche lui aussi le poteau, le destin semble choisir son camp. Thomas Suire prend une dernière pénalité, mais les deux bonnes passes de Deschamps pour Bedin entre les cercles et de Trotter pour Deschamps au second poteau ne sont pas converties.

2021 Amiens Boivin 1

Rouen est donc éliminé d’entrée de la Coupe de France, comme il y a deux ans à Dunkerque mais sans l’excuse de la CHL. Double tenant du titre du trophée Pete-Laliberté, Amiens devient spécialiste de cette compétition dont la suite semble un peu floue pour cette année. Des clubs amateurs totalement à l’arrêt restent en lice et on ne sait pas quand on pourra caser ces rencontres dans un calendrier qui devra se densifier. Mais ce succès sur glace rouennaise, même devant un public en peluche, se savoure toujours pour les Gothiques. A fortiori contre des Rouennais qui avaient gagné tous leurs matches officiels cette saison… Après la chute de Grenoble hier, les géants du hockey français ne font-ils plus peur ?

Commentaires d’après-match (sur Paris Normandie et Gazette Sports)

Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen) : « Il nous a manqué pas mal de détails ce soir. De l’intensité déjà. On a été plus souvent dans la zone d’Amiens, mais on n’a pas eu l’intensité nécessaire pour backchecker. On n’était pas prêt à faire les efforts défensifs dans cette situation de jeu. On a également été très lent dans nos prises de décisions avec le palet et on n’a pas toujours pris, en plus, les bonnes décisions. On n’a pas non plus été assez tueur face au but. On a des poteaux et des transversales, c’est vrai, mais, malgré tout, on a eu les occasions pour marquer. C’est dommage. »

Anthony Mortas (entraîneur d’Amiens) : « Les matchs contre Rouen sont les plus faciles à préparer car les joueurs sont déjà déterminés. Et puis, c’est un match de coupe de France donc il y a une saveur particulière pour nous, ça a été difficile mais on s’est battu avec nos armes. Pour l’anecdote, c’est Fabrice [Lhenry, coach de Rouen] qui m’a annoncé le tirage au téléphone ! La suite, on va l’attaquer plus sereinement car c’est beaucoup de stress de venir jouer et préparer un match contre Rouen, beaucoup d’investissement, de visionnage de matchs et dans les plus petits détails. On espère rapidement le calendrier va sortir, on pourra fixer un objectif clair et défini après les fêtes. Ce que je dis aux joueurs, quand vous avez la chance de jouer, profitez-en ! Quand Rouen tournait fort autour de nous, on a bloqué beaucoup de shoots, les joueurs se sont sacrifiés même si des fois ce n’est pas beau à voir. Face à des grosses équipes, on a des moments faibles, les joueurs ont su montrer leur détermination. »

 

Rouen – Amiens 1-2 (1-0, 0-1, 0-1)
Vendredi 18 décembre 2020 à 20h30 sur l’île Lacroix. Huis clos.
Arbitrage de Nicolas Cregut et Pierre Dehaen assistés de Jérémie Douchy et Joffrey Yssembourg.
Pénalités : Rouen 6′ (2′, 2′, 2′) ; Amiens 10′ (2′, 4′, 4′).
Tirs : Rouen 35 (9, 12, 14) ; Amiens 29 (13, 10, 6).

Évolution du score :
1-0 à 05’07 : Vigners (inf. num.)
1-1 à 36’35 : Baazi assisté de Sevcenko et G. Leclerc
1-2 à 47’21 : Boivin assisté de West

Rouen (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Nicolas Deschamps – Brock Trotter (4′) – Joël Caron
Loïc Lampérier (A) – Anthony Guttig (A) – Rolands Vigners
Joris Bedin – Juha Koivisto – Vincent Nesa
Quentin Tomasino – Kaylian Leborgne – Théo Gueurif

Défenseurs :
Enzo Cantagallo – Florian Chakiachvili
Cam Barker (C) – Maxim Lamarche
Pierre Crinon – Mark Flood

Gardien :
Matija Pintaric

Remplaçant : Valentin Duquenne (G). Absent : Jacob Lagacé (blessé).

Amiens

Attaquants :
Rudy Matima – Alexandre Boivin – Baptiste Bruche
Jérémie Romand (C, 2′) – Joey West (A) – Florian Sabatier
Christopher Frederiksen – Guillaume Leclerc (2′) – Arturs Sevcenko
Antonin Plagnat – Thomas Suire (2′) – Brendan Jacome

Défenseurs :
Aziz Baazzi (2′) – Skylar Pacheco
Jérémy Beaudry – Yohan Coulaud (A)
Romain Bault – Nicolas Leclerc (2′)

Gardien :
Henri-Corentin Buysse

Remplaçant : Lucas Savoye (G). Absent : Dan Gibb (genou).

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