Les Américains remportent un duel défensif

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Avec une seule victoire au compteur, la Norvège semble déjà hors course pour les quarts de finale. Tout le contraire des États-Unis, qui visent la première place du groupe B en cas de succès. Ils n’ont encaissé que cinq buts en quatre matchs, leur plus petit total depuis 2000. La Norvège est un adversaire qui leur réussit bien : succès 9-3 lors du dernier match en 2018, et pas moins de seize victoires de rang contre eux…

La première ligne américaine entame pied au plancher : Jason Robertson et Conor Garland sèment le trouble dans la défense, à la recherche du troisième larron, Trevor Moore, buteur deux matchs de suite. L’attaquant reçoit la deuxième de deux passes dans le dos, s’infiltre et échoue sur le gardien. Wolanin enchaine de la bleue, accentuant la tendance.

Actifs dans les bandes, les joueurs de Jack Capuano gagnent tous les duels, patinent fort et contraignent la Norvège à réagir plus qu’à agir. Les tirs manquent cependant de précision. En face, Oettinger sauve du masque un tir lointain de Lesund et un peu plus tard de Krogdahl.

Une longue passe envoie Donato sur l’aile gauche. Le lancer excentré est repoussé, personne n’est assez proche pour s’emparer du rebond. La Norvège réplique avec le duo Salsten-Røymark, qui parvient à percer la défense et solliciter le gardien de Dallas à bout portant. Puis, Espeland reçoit un palet en retrait et expédie un tir puissant, repoussé par Oettinger.

Le jeu s’est rééquilibré. Mais la Norvège cafouille un changement de ligne. Le sortant a un pied sur la glace lorsque l’entrant joue le palet : surnombre sévère, et premier jeu de puissance américain. La première minute est maladroite, mais il ne faut pas grand chose pour Connor Garland. Il parvient à garder le palet à la bleue et le jeu tourne au fond, revient à Zac Jones à la bleue. Le palet est bloqué dans l’enclave et Garland reprend. Son essai trouve la crosse du gardien, le disque frappe la rembarde, et revient sur lui. L’ailier d’Arizona devance son coéquipier Abdelkader et Haukeland pour l’ouverture du score au dessus de la botte (0-1). C’est son premier but sous le maillot américain.

En confiance, les États-Unis frôlent le deuxième but sur un exploit individuel de Donato, plus rapide que Lesund sur l’aile droite, avant de déshabiller Espeland près du but. Depuis l’ouverture du score, la Norvège peine à développer son jeu de passe et à s’installer en attaque. Robertson déniche Thompson à l’opposée mais là encore la défense se sacrifie au bloc.

Il reste trois minutes à jouer lorsque Donato, frustré par l’agressivité de Kåsastul qui lui a asséné une charge et plusieurs coups de crosse, est puni d’un faire trébucher le long de la bande. La Norvège, qui ne compte que deux buts en supériorité dans ce tournoi, patine après le palet pendant plus d’une minute et concède même un tir. L’installation du jeu de puissance ne survient que dans les dernières secondes de l’avantage, sans le moindre tir. Les États-Unis virent en tête à la pause avec seulement cinq lancers concédés.

Les États-Unis contrôlent… mais subissent une bonne chance en contre-attaque après deux minutes au deuxième tiers. Oettinger se déplace bien sur une passe en retrait norvégienne. Pour le reste, l’échec-avant agressif des Américains gêne la relance adverse, et le palet passe de plus en plus de temps dans leurs crosses. Le duel Kåsastul-Donato, déjà chaud au premier tiers, se poursuit : le Norvégien renverse l’attaquant de San Jose et les officiels le sanctionnent.

Jones multiplie les tirs de la bleue. Moore prend un rebond et Lilleberg sauve miraculeusement sur la ligne avec ses deux patins en V, avant que Røymark et Garland ne plongent dessus… au point que le défenseur en fait une roulade avant ! Les arbitres doivent s’aider de la vidéo pour y comprendre quelque chose – mais même avec le ralenti, la situation est confuse. Main ? Crosse ? À l’issue de ce carambolage et d’une longue attente, le duo d’arbitres tranche : pas de but.

La supériorité continue et Tage Thompson lance une volée de la gauche, repoussée par le gardien. Le jeu reste en attaque et Garland témoigne encore de son haut niveau technique en virevoltant dans la défense, pour un nouveau tir dangereux.

La Norvège est en retard sur tous les palets et subit de plus en plus… sauf en profitant d’une erreur adverse pour un tir de Valkvæ Olsen sauvé par Oettinger, rare incursion dans la zone des Blancs. Dans la continuité, le palet repart de l’autre côté. Thompson, de retour dans l’alignement, s’illustre en provoquant un revirement le long de la bande, et en s’emparant ensuite du disque dans le slot après l’incursion de Donato pour un but en deux temps (0-2).

Plus rapides, les Américains lancent Labanc à droite et Trettenes coupe de justesse la passe qui aurait offert une cage ouverte. Toutefois, Roy, monté aux avant-postes, fait trébucher Lilleberg dans le coin et doit laisser son équipe en infériorité.

Oettinger montre alors ses réflexes : revers de Mathis Olimb, et mitaine incroyable sur Mats Rosseli Olsen alors qu’il est au sol ! Incrédule, l’attaquant norvégien ne peut que s’incliner. Le jeu de puissance s’est bien installé et a cherché quelques volées au cercle gauche, sans réussite.

La situation se prolonge avec un cinglage de Robertson, qui ne donne rien, mais confirme la tendance un peu plus offensive de la Norvège… fort brièvement, car les Américains reprennent vite le contrôle. Quelques échanges d’amabilités provoquent une pénalité chacun et un quatre contre quatre. À peine revenues au complet, les deux équipes voient Rooney, sorti du banc des punis, s’échapper à gauche, croiser son tir… poteau ! Le score est donc de 2-0 après deux périodes, dans une prestation maîtrisée par les Américains, un peu moins rigoureux qu’en premier tiers toutefois.

La reprise du jeu tarde : trop d’eau après le passage des surfaceuses, et les équipes de techniciens s’affairent afin de pelleter le surplus. Après moins de deux minutes de jeu, Espelund expédie le palet au dessus du plexiglas, offrant un avantage numérique aux États-Unis. Quelques tirs lointains chauffent l’enclave sans creuser le score, à l’image d’un lancer de Donato avec Moore au rebond.

Les occasions pleuvent sur le but de Haukeland, avec à l’origine Donato, très actif aujourd’hui. Mackey, de la bleue, trouve le poteau, puis Moore ne convertit pas un tir en pivot.

Les minutes défilent sans grande occasion, et il faut attendre la mi-tiers pour sortir de ce scénario fermé. Clendening concède en effet deux minutes pour retenir dans le coin. Les tirs norvégiens ne franchissent pas vraiment le rideau défensif adverse, avant le retour à cinq. Mais cela a donné un momentum aux Nordiques, qui sont récompensés. Ken Andre Olimb récolte un palet qui traine et surprend Oettinger (1-2).

Il reste cinq minutes et rien n’est joué. La Norvège attaque fort et sollicite Oettinger avec plusieurs tirs de loin. Cela ne dure pas longtemps : les États-Unis reprennent le contrôle du palet avec de longues séquences, notamment par le trio de Garland, qui grignotent le chronomètre. Il reste 1’40 et Haukeland laisse sa place à un attaquant. Avec un ultime arrêt, Oettinger conserve le court avantage : 2-1.

Ce n’est pas la plus belle victoire américaine, mais elle offre à l’équipe 12 points au compteur et la première place du groupe – autant dire que les quarts de finale sont acquis. La défense reste le point fort de ce collectif, avec un Oettinger brillant dans le but. L’attaque n’a pas trop brillé face à une formation bien regroupée sur son but. La Norvège, peut-être trop timide, n’a pas su profiter des temps faibles américains.

Désignés joueurs du match : Mats Rosseli Olsen (NOR) et Colin Blackwell (USA)

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Tage Thompson

Commentaires d’après-match :

Tage Thompson (attaquant des États-Unis) : « Le match s’est joué vraiment sur le fil, la Norvège a poussé jusqu’au bout. Nous visons la médaille d’or. On ne doit rien viser de moins. C’est pour cela que nous sommes venus et nous avons un groupe capable de le faire. »

Jack Capuano (entraîneur des États-Unis) : « La Norvège a joué un très bon match. Comme nous l’attendions : rapides, mobiles. J’ai trouvé que c’était un très bon match, qui aurait pu basculer des deux côtés. Nous devrons jouer un match avec bien plus de chances dangereuses contre l’Allemagne. »

Matthias Trettenes (attaquant de la Norvège) : « Nous avions un but, c’est d’atteindre les playoffs. Cela n’arrivera pas, mais nous nous sommes bien battus aujourd’hui. Nous allons continuer à travailler ensemble et développer notre collectif. »

Norvège – États-Unis 1-2 (0-1, 0-1, 1-0)
Samedi 29 mai 2021, 20h15. Arena Riga, Lettonie. Huis clos.
Arbitrage de Michael Tscherrig (SUI) et Christoph Sternat (AUT) assistés de David Obwegeser (SUI) et Jonas Merten (ALL)
Pénalités : Norvège 8′ (2′, 4′, 2′), États-Unis 10′ (2′, 6′, 2′)
Tirs : Norvège 23 (5, 10, 8), États-Unis 27 (8, 14, 5)

Récapitulatif du score
0-1 à 10’30 : Garland assisté de Jones et Thompson (sup. num.)
0-2 à 27’12 : Thompson assisté de Donato et Roy
1-2 à 54’27 : K.A. Olimb assisté de Rosseli Olsen

Norvège (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Mats Rosseli Olsen (+1) – Ken Andre Olimb (+1) – Emilio Pettersen
Michael Haga (-1) – Mathias Trettenes (A) – Tobias Lindström
Thomas Valkvæ Olsen (-1) – Mathis Olimb (A) – Samuel Solem
Martin Røymark – Eirik Salsten – Tommy Kristiansen
Ludvig Hoff [6 présences]

Défenseurs :
Emil Lilleberg (2′) – Jonas Holøs (C)
Erlend Lesund (+1) – Stefan Espeland (2′)
Christian Kåsastul – Max Krogdahl (2′)
Ole Julian Holm

Gardien :
Henrik Haukeland

Remplaçants : Jonas Arntzen (G). En réserve : Henrik Holm (G), Kristian Østby, Christian Bull (D), Sondre Olden, Magnus Brekke Henriksen, Andreas Heier (A).

États-Unis

Attaquants :

Ryan Donato (2′, +1) – Jack Drury (+1) – Tage Thompson (+1)
Jason Robertson (2′) – Trevor Moore – Conor Garland
Eric Robinson (-1) – Kevin Rooney (2′) – Matty Beniers (-1) [5 présences]
Colin Blackwell (A) – Justin Abdelkader (C) – Kevin Labanc
Brian Boyle (-1)

Défenseurs
Christian Wolanin – Matt Roy (A, 2′)
Zac Jones – Matt Tennyson
Connor Mackey (-1) – Adam Clendening (2′)
Matt Hellickson (+1)

Gardien :
Jake Oettinger

Remplaçant : Cal Petersen (G). En réserve : Ryan Shea, Chris Wideman (D), Sasha Chmelevski (A), Anthony Stolarz (G, blessé).

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