Mondial junior : Dostal résiste aux Russes

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Les résultats en junior ont témoigné au fil des ans d’un inexorable déclin de la République Tchèque. C’est ce qui explique qu’elle se retrouve cette année dans une poule « de la mort » face aux trois plus grands réservoirs du hockey mondial (Canada, États-Unis et Russie). La génération 2000, souvent sous-estimée, a déjà su déjouer les pronostics. Elle a atteint la finale du tournoi Hlinka U17 (en éliminant la Russie) et les demi-finales du Mondial U18 (en éliminant le Canada). Pour ce championnat du monde des moins de 20 ans, elle espère donc briller à domicile. La compétition a lieu en Moravie, dans des villes provinciales folles de hockey (Trinec et Ostrava). Lieu idéal pour un succès populaire. L’Ostravar arena, où se produit habituellement Vitkovice, fait le plein pour le match d’ouverture : on ne pouvait rêver meilleur adversaire – la Russie – pour fédérer le public tchèque.

Valeri Bragin lance Yaroslav Askarov dans les cages, qui devient le quatrième gardien de moins de 18 ans à débuter pour la Russie, après Andrei Vasilevskiy, Semyon Varlamov et Andrei Medvedev – d’illustres prédécesseurs…

Malheureusement pour les Tchèques, cela commence mal : Jakub Lauko se blesse à la jambe dans un contact accidentel. Il ne reviendra pas au jeu, touché au genou droit.

Mais lorsque Anton Malyshev concède deux minutes, le jeu de puissance local ne traîne pas. Le palet circule bien de gauche à droite, et Michal Teplý sert plein axe Petr Čajka. L’attaquant expédie une mine de la bleue à travers la foule, qui surprend Askarov entre sa botte et sa mitaine (1-0).

Une minute plus tard, le capitaine Libor Zábranský et Kirill Marchenko se frictionnent et sortent tous les deux. La Russie exploite sa vitesse à quatre contre quatre, et commence à s’approcher du but de Lukáš Dostál. Le jeu est vif. Karel Klikorka décale Šimon Kubíček pour un tir au ras du poteau, puis Vasily Podkolzin teste Dostál en profitant d’un écran.

À la huitième minute, un bon travail de Jan Šír dans la neutre envoie Jan Myšák sur l’aile droite. Il a du champ et fusille Askarov, pas très bien placé pour le coup, en hauteur et fait exploser les tribunes (2-0).

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Peu après l’engagement, Tomáš Dajčar concède un faire trébucher qui replace la Russie vers l’avant. La défense repousse bien le jeu vers la périphérie et Dostál a finalement peu de travail. Il est cependant battu alors que son camp revient au complet. Yegor Zamula, servi à la bleue, patiente, attend que son opposant se mette au sol, le contourne et profite d’un écran pour envoyer un joli tir croisé en hauteur (2-1).

Kučeřík sort à son tour pour rudesse et les Russes s’installent. Les volées s’enchaînent des deux côtés et la pression monte. La défense dégage comme elle le peu, mais, dans les dernières secondes, Podzolkin égalise en reprenant un palet contré sur un tir de Marchenko (2-2). Un but qui fait suite à une première chance de Sokolov sur une attaque en ligne, lequel avait brisé sa crosse au moment de tirer vers une cage ouverte…

Un sur deux en supériorité (le premier étant marqué une poignée de secondes après la fin de l’avantage) : les Tchèques n’ont pas compris la leçon, puisque Matěj Pekař concède un très dispensable faire trébucher dans la neutre. Dostál doit s’interposer sur un tir du cercle de Morozov. Le palet tourne à toute vitesse, mais les Tchèques survivent cette fois-ci. Adam Raška vient ensuite perturber la défense et pousse Daniil Pylenkov en prison à 1’30 de la pause.

Askarov bloque un premier tir dans l’axe de Jan Jeník, qui s’impose comme le meneur de jeu. Malheureusement pour les locaux, l’avantage ne donne rien avant la pause : 2-2, et encore une demi-minute de supériorité.

Un avantage qui disparaît dès la reprise pour une faute de Petr Čajka en zone offensive. Les Tchèques, bien groupés, résistent, tentent même de piquer en contre par Klikorka, et peuvent compter sur un Dostál vigilant dans le but. Le gardien sauve en fin d’avantage une volée lointaine de Romanov. Encore une fois, les Tchèques survivent, mais reculent.

Pour autant, leur réalisme offensif est clinique. Matěj Blümel profite d’un revirement à la bleue pour piéger la défense, résister à Romanov et lancer un tir croisé précis (3-2).

La Russie ne doute aucunement. Une récupération dans son camp lance une contre-attaque. Voronkov et Alexandrov attirent toute la défense tchèque le long de la bande, ce qui ouvre un boulevard au défenseur Zamula. Seul dans l’axe, il marque son deuxième but du jour (3-3).

Petit à petit, le jeu se stabilise. Les Tchèques effectuent un bon travail pour casser le rythme russe et misent sur leurs contre-attaques. Matěj Pekař s’empare ainsi d’une passe en retrait hasardeuse de Sokolov et file au but : Askarov réalise enfin un arrêt majeur, de la mitaine.

La Russie continue de mener l’essentiel des débats, avec le triple de tirs au but. Dostál tient le fort, notamment sur un deux-contre-un et un tir de Sokolov. Sur l’action, Voronko est cependant puni de deux minutes pour avoir touché le gardien d’un peu trop près.

Libor Zábranský mène la charge en supériorité et teste Askarov, ce qui conduit à une échauffourée lorsque Rtishev fait le ménage dans le slot de manière appuyée. Ce geste brutal lui vaut deux minutes. Les Tchèques gagnent immédiatement la mise au jeu, et Jeník fusille Askarov en hauteur côté mitaine en double supériorité (4-3).

La Russie perd ses nerfs : Malyshev commet une nouvelle faute et le cinq-contre-trois se prolonge. Le palet circule difficilement cependant et Askarov parvient à bloquer plusieurs tirs sans laisser de rebond. Son camp échappe ainsi à la correctionnelle et parvient à rentrer au vestiaire sans plus de dommage, mais tout de même un but de retard.

En dépit de cette solide fin de tiers, Askarov est replacé sur le banc pour la dernière période, victime de son trop modeste 13/17 en arrêts. Amir Miftakhov prend sa place dans la cage russe.

La Russie prend le jeu à son compte et force Dostál à quelques arrêts. Cette pression finit par coûter deux minutes à Martin Haš, coupable d’un accrochage lors d’une lutte pour un rebond. Mais le portier d’Ilves Tampere est là pour lui sauver la mise, avec une série de parades pleines de calme sur Sokolov. Les Tchèques reviennent au complet, après avoir bloqué plusieurs tirs dangereux de Zamula.

La Russie pousse encore, portée par un Marchenko très en vue. Mais Dostál lit parfaitement le jeu,, se déplace vite et bien et résiste encore. La stratégie tchèque est bien ancrée, avec quelques banderilles en contre, notamment de Myšák, dont la vitesse pose problème à la défense russe.

Il reste moins de quatre minutes lorsque Zamula se rend coupable d’un accrochage lors d’une incursion adverse dans son camp : une présence énorme en défense comme en attaque de Raška. Galenyuk n’arrange rien avec une sale charge dans le dos de Čajka dès le début de l’avantage.

Le cinq-contre-trois n’est cependant pas très bien mené : le jeu de passe est trop statique et manque de précision. Les lignes de tir sont bloquées et la Russie ne concède qu’un tir véritablement dangereux avant de revenir au complet – et sous pression de l’horloge. Le double avantage n’aura pas été conclu, malgré un poteau de Pekař.

Il ne reste en effet qu’un peu plus d’une minute et les Tchèques sont encore devant. Valeri Bragin sort son gardien à cinquante secondes de la fin. Le coach aligne ses plus gros joueurs – Denisenko, Khovanov, Morozov, Romanov et Zamula – mais cela ne donne rien : les Tchèques créent la première sensation du tournoi !

Solidaires, disciplinés dans la deuxième moitié de match, et rapides en contre-attaque, les locaux s’imposent donc dans ce match d’ouverture, portés par un Lukáš Dostál impressionnant de calme. Une grande performance face au favori russe, qui pourra se mordre les doigts d’avoir démontré autant de nervosité. Le jeune talent Askarov aura déçu dans le but, coupable d’un placement trop exposé sur les buts encaissés. Mais c’est surtout la rugosité hors de propos des défenseurs qui aura coûté cher aux Russes : bien trop de pénalités inutiles, qui auront complètement cassé leur rythme.

Désignés joueurs du match : Yegor Zamula (Russie) et Jan Myšák (République Tchèque).

Commentaires d’après-match

Valeri Bragin (entraîneur de la Russie) : « C’est le premier match, il y a eu de la confusion, des buts évitables. Nous devons améliorer notre discipline. Nos émotions ont débordé, même si certaines pénalités étaient douteuses. »

Vasili Podkolzin (attaquant de la Russie) : « L’atmosphère et le jeu ont été comme d’habitude quand on joue en République Tchèque. C’est toujours comme ça ici. Il est clair que les tribunes les portent. Bien sûr, il y a eu des pénalités stupides. Ils nous ont pris un peu au piège. Ils étaient tous devant leur cage, ils nous ont laissé les côtés. Pas grave, on prépare la suite. Nous allons analyser nos erreurs, et voir comment le Canada joue face aux États-Unis. »

Jan Jenik (attaquant de la République tchèque) : « Nous avions des rapports préparés sur l’équipe russe et sur les gardiens. Nous savions qu’Askarov concédait le plus souvent des buts sous la mitaine, donc nous avons essayé de tirer dans cette zone. Je n’ai pas été surpris que le match ait été si dur, voire sale. Nous et les Russes, nous nous haïssons. »

 

République Tchèque – Russie 4-3 (2-2, 2-1, 0-0)
Jeudi 26 décembre 2019 à 15h00 à l’Ostravar Arena. 8693 spectateurs.
Arbitrage de Fraser Lawrence (CAN) et Sean MacFarlane (USA) assistés de David Obwegeser (SUI) et Simon Synek (SVK).
Pénalités : République Tchèque 12′ (8′, 2′, 2′) ; Russie 26′ (6′, 6′, 4’+10′).
Tirs : République Tchèque 22 (5, 12, 5) ; Russie 36 (18, 8, 10).

Évolution du score :
1-0 à 02’46 : Kubíček assisté de Jeník et Teplý (sup. num.)
2-0 à 07’41 : Mysak assisté de Teplý
2-1 à 10’19 : Zamula assisté de Khovanov et Denisenko
2-2 à 14’32 : Podkolzin assisté de Marchenko et Romanov
3-2 à 25’31 : Blümel
3-3 à 26’16 : Zamula assisté de Voronkov et Aleksandrov
4-3 à 37’25 : Jeník assisté de Teplý et Šír (double sup. num.)

République Tchèque

Attaquants :
10 Matěj Pekař (-1, 2′) – 14 Jan Jeník (A, -1) – 11 Michal Teplý
13 Jakub Lauko [blessé à 00’53] – 29 Jan Šír – 21 Jaromír Pytlík (-1)
27 Jan Myšák – 24 Petr Čajka (A, -1, 2′) – 26 Adam Raška
17 Matěj Blumel (+1) – 16 Otakar Šik (+1) – 15 Ondřej Pavel (+1)

Défenseurs :
8 Libor Zábranský jr (C, -1, 2′) – 3 Karel Klikorka (-1)
4 Radek Kučeřík (-1, 2′) – 23 Simon Kubíček
9 Tomáš Dajčar (-1, 2′) – 7 Martin Haš (2′)

Gardien :
2 Lukáš Dostál

Remplaçant : Lukáš Pařík (G). En réserve : Nick Malík (G).

Russie

Attaquants :
14 Grigori Denisenko (C) – 7 Aleksandr Khovanov (-1) – 27 Pavel Dorofeev (-1)
24 Nikita Aleksandrov (+1) – 10 Dmitri Voronkov (+2) – 13 Egor Sokolov (+1)
9 Kirill Marchenko (+1) – 8 Ivan Morozov (+1) – 11 Vasili Podkolzin (A, +1)
19 Nikita Rtishev – 17 Maksim Sorkin (-1) – 28 Maksim Groshev

Défenseurs :
26 Aleksandr Romanov (A) – 2 Danil Zhuravlyov (-1)
4 Egor Zamula (+2) – 5 Anton Malyshev (+1)
3 Danila Galenyuk (-1) – 6 Danil Pylenkov

Gardien :
30 Yaroslav Askarov puis 1 Amir Miftakhov à 40’00 [sorti à 59’07]

En réserve : Danil Isayev (G).

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