Un jeune hockeyeur russe tué par un palet

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Samedi dernier, lors d’un match de MHL – la ligue junior de la KHL – entre le Loko Yaroslavl et le MHK Dynamo Saint-Pétersbourg, un joueur de 19 ans des visiteurs, Timur Faizutdinov, s’est effondré sur la glace après avoir reçu un palet dans la tempe. On le voit se tenir sa tête puis perdre très vite connaissance. Après trois jours en soins intensifs à l’hôpital de Yaroslavl, on a appris son décès ce mardi.

La FHR – la fédération de hockey russe – a immédiatement exprimé ses condoléances à la famille. Son vice-président Roman Rotenberg a indiqué que la fédération était prête à venir en aide à sa famille. Son président Vladislav Tretiak a ajouté ses mots à son message de condoléances : « C’était un accident. » Il ne s’agit pas de le nier. Oui, c’est bien un accident, sur un fait de jeu très anodin, un palet envoyé au fond de la glace comme on en voit des dizaines par match. Le malheureux joueur qui a envoyé ce palet et qui risque de revoir ces images toute sa vie (Dmitry Tuvilin) n’y est bien entendu pour rien.

Pour autant, toute tragédie oblige nécessairement à une réflexion pour améliorer la sécurité des joueurs. Ce fut le cas lorsque le décès de Luděk Čajka avait conduit à modifier la règle du dégagement interdit. Ici, les règles du jeu ne sont pas en cause (à moins d’interdire aux équipes de lever le palet sauf pour tirer au but comme au hockey sur gazon). C’est sans doute l’équipement qu’il faut améliorer. On sait que la tempe est un endroit très fragile du corps humain, or il constitue un point faible du casque du hockeyeur. Certains joueurs se dotent de protections en plastique attachées sur le casque pour couvrir l’oreille, mais elles ne sont pas très répandues. Et comme la cause du décès a été décrite comme l’atteinte de la carotide, la question du protège-cou doit sans doute être abordée en même temps.

Le décès tragique du jeune Hugo avait conduit à une meilleure protection des spectateurs. Reste la question des acteurs sur la glace. La protection des jeunes hockeyeurs ne peut pas s’arrêter à 18 ans, âge auquel tous sont habitués à enlever leur grille du jour au lendemain. Perdre un fils de 19 ans, fût-il légalement jeune adulte responsable, est une terrible perte pour une famille. Elle oblige tous les acteurs du hockey, au-delà des nécessaires condoléances, à se poser toute question pour qu’une telle mort même rarissimes ne puisse plus survenir. Un accident, oui. Une fatalité, non.

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