Un Mondial junior mis sous cloche

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La fédération internationale de hockey a annulé tous les tournois internationaux de la saison 2020-2021 sauf quatre : le Mondial U18 masculin, le Mondial élite féminin, le Mondial élite masculin, qui doit se tenir à Riga et Minsk en mai – même si la capitale biélorusse est en révolution – et le Mondial junior masculin, qui débute ce jeudi 24 décembre à Edmonton.

Prévu initialement à Edmonton et Red Deer, le tournoi se déroulera finalement uniquement à la Rexall Place d’Edmonton, où les dix premiers mondiaux vont se confiner dans une « bulle » à la manière de la NHL cet été. Comme la division inférieure n’a pas lieu, l’IIHF a choisi de ne procéder à aucune promotion/relégation : du pain béni pour l’Autriche, qui est montée au bon moment et pourra donc profiter de l’expérience sans crainte.

Les réglementations sanitaires sont importantes. Testés quotidiennement, les joueurs ont tout d’abord du se plier à quinze jours de quarantaine avant même l’entrée dans la bulle et surtout les premiers pas sur la glace. Les tests positifs de joueurs suédois ou allemands au dernier moment ont perturbé l’organisation, qui a finalement annulé une partie des matchs de préparation : les deux pays seront donc immédiatement plongés dans la compétition…

De l’aveu même des joueurs, ces contraintes ont rendu la reprise de la glace « assez moche ». Il faut dire que les championnats perturbés par la pandémie de Covid-19 ont privé de matchs une bonne partie des participants.

Des trois ligues juniors canadiennes (LHJMQ, OHL, WHL), seule la ligue québécoise a repris, et encore son calendrier a-t-il été mité par les reports. Pour les joueurs de l’Ontario et de l’Ouest, le dernier match de compétition remonte à mars… En NCAA, même tarif, puisque certaines universités ont purement et simplement mis leur programme hockey en pause pour toute la saison. Quelques matchs se déroulent tout de même mais côté américain comme canadien, les joueurs manquent sérieusement de temps de jeu.

Même son de cloche en Europe. Suédois, Finlandais ou Russes ont pu jouer, avec mise en pause de championnat pour les deux premiers pays, mais ce n’est pas le cas des Allemands par exemple, puisque la DEL n’a repris que le week-end dernier. Bref, l’état de forme des dix pays s’annonce extrêmement variable.

La confusion a régné de toute façon dans la préparation. Touché par des cas positifs, le Canada a interrompu son camp d’entrainement pendant quinze jours. La Suède a perdu plusieurs joueurs et même son entraîneur. Les États-Unis comme l’Allemagne et la Suisse ont recalé des joueurs, positifs au mauvais moment.

Le clou du spectacle aura cependant été le voyage des formations européennes : l’IIHF avait affrété des avions pour transporter les équipes. Finlande, Suède et Russie devaient décoller d’Helsinki mais l’ampleur des bagages a retardé le décollage. Même problème à Vienne, pour l’Autriche, la République Tchèque et la Slovaquie. Il aura finalement fallu placer le matériel sur d’autres avions, et les règles de distanciation sociale recommandées par l’IIHF n’ont pas pu être respectées pendant le vol. Qu’importe : les joueurs ont pris la situation avec philosophie et entonné un concours de chant bon enfant…

Groupe A

Flag of Canada.svgÀ domicile – mais pas devant son public – le Canada fait figure de favori. Pour autant, la préparation a été bien perturbée. Le 24 novembre, deux joueurs ont reçu un test positif à la Covid-19, contraignant Hockey Canada à annuler un match de préparation et à annuler toutes les activités. L’entraîneur-adjoint Michael Dyck et le coach des gardiens Jason LaBarbera, eux aussi touchés, ont du se plier à quatorze jours d’isolement. Pas idéal, alors que seuls cinq joueurs de l’effectif ont joué en compétition cette saison. Les autres attendent la reprise de l’OHL et de la WHL.

Privés d’Alexis Lafrénière, que les Rangers de New York n’ont pas libéré, les Canadiens ont les moyens de se passer du MVP du tournoi 2020. Le tenant du titre aligne en effet un effectif truffé de talents hors norme. Sur les 24 joueurs sélectionnés, 21 ont été choisis au premier tour des dernières drafts, dont les 14 attaquants…

Prometteur donc, à commencer par la star affichée, le capitaine Kirby Dach. Sa première saison NHL à Chicago a montré tout le potentiel de ce centre de grande taille, qui compte bien s’inspirer de son mentor Jonathan Toews. Connor McDavid a adoubé lui-même le capitaine et ses assistants via l’écran géant au-dessus de la glace. Ce qui ne peut que ranger Dach dans la lignée de ses illustres prédécesseurs.

Malheureusement, Dach a quitté l’unique match de préparation – une victoire 1-0 contre la Russie mercredi soir – à cause d’une blessure à la main. L’incertitude pèse dès le début du tournoi, avec une possible fracture du poignet !

Fort heureusement, les armes offensives sont légion. L’entraîneur André Tourigny peut s’appuyer sur les « revenants » du titre 2020 : Quinton Byfield (LA), n°2 de la dernière draft, Dylan Cozens (BUF), Connor McMichael (WSH) et le polyvalent Dawson Mercer (NJ). Le coach compte aussi sur les snipers Jack Quinn (BUF), auteur de 52 buts, et Cole Perfetti (WPG), 111 pts l’an dernier avec Saginaw. Les quatre lignes sont rapides et techniques. La présence en dehors du top-12 de profils comme Connor Zary (CGY) ou en tribunes de Philip Tomasino (NSH) en dit long sur la profondeur de banc…

En défense, Bowen Byram (COL) et Jamie Drysdale (ANA) sont les deux meilleurs défenseurs du tournoi, ou peu s’en faut. La profondeur ne devrait pas poser de problème. Thomas Harley (DAL) est tout aussi capable en deuxième paire.

Finalement, seul le poste de gardien interroge – presque comme d’habitude, serait-on tenté de dire. Les clés seront entre les mains de Devon Levi (FLO), Dylan Garand (NYR) et de Taylor Gauthier (non drafté), sans réel n°1. Mais le Canada a l’habitude des effectifs all-star devant un gardien anonyme. Cela a suffi à bien des titres, notamment l’an dernier. La performance remarquable de Levi, issu du championnat NCAA, lors de ce 1-0 contre la Russie en dit long sur ses capacités.

 

Flag of Finland.svgVictorieuse en quarts l’an dernier, la Finlande n’a pas réussi à capitaliser sur sa performance et s’est contentée de la quatrième place. L’édition 2021 s’annonce similaire, avec un effectif relativement anonyme. Le poste de gardien manque de lustre, mais les Nordiques peuvent encore s’appuyer sur des armes majeures en défense.

Le coach Antti Pennanen compte ainsi sur Ville Heinola (WPG) qui dispute son troisième tournoi. Santeri Hatakka (SJ) et Mikko Kokkonen (TOR) étaient également de l’équipe 2020. L’expérience de ce trio sera cruciale.

La plus grande force de frappe viendra d’Anton Lundell (FLO). L’attaquant est non seulement titulaire en Liiga, mais il est en plus assistant capitaine et meilleur pointeur du HIFK avec 12 buts et 20 points en seulement 17 matchs. Une future star donc, qui devra tirer vers le haut ses partenaires. Il avait manqué le tournoi l’an dernier sur une blessure au coude.

L’attraction sera le tout jeune Canado-Finlandais Brad Lambert, 16 ans, qui est déjà installé en Liiga avec quatre buts et sept points en 18 matchs pour le JYP. Il est l’un des candidats au titre de n°1 de draft en 2022. Derrière ces deux hommes, Roby Jarventie (OTT), Kasper Simontaival (LA) et Aku Räty (ARI) sont les autres noms à suivre. En revanche, Aatu Räty, frère d’Aku et annoncé parmi les meilleurs espoirs 2021, a été retranché, tout comme Patrik Puistola (CAR) qui était pourtant de la liste l’an dernier où il avait marqué huit points. Mais Puistola ne brille pas depuis le début de saison… L’attraction sera l’immense Samuel Helenius (1m99), éligible 2021, qui compte 8 pts en élite finlandaise cette saison.

Le seul match de préparation a été de qualité, avec une courte défaite 3-2 contre les États-Unis. La traditionnelle solidité finlandaise en défense, avec l’application rigoureuse de systèmes bien rodés, semble encore au rendez-vous.

 

Flag of Germany.svgLa préparation de l’Allemagne aura été plus que compliquée. Privés de compétition, puisque la DEL ne devait reprendre que mi-décembre, les jeunes Allemands subissent de plein fouet la crise sanitaire. Au moment de l’entrée dans la « bulle », la fédération a dû se passer des joueurs des Esibären de Berlin, eux-mêmes en quarantaine… Exit le premier tour de draft Lukas Reichel (CHI), qui avait mis quatre buts lors des trois matchs amicaux contre la Suisse cet été. Absent aussi Nino Kinder et surtout celui qui devait être le gardien n°1, Tobias Ancicka, lui-même positif.

Après ce coup dur, l’Allemagne pensait avoir passé le cap. Las, à peine installé à Edmonton, le staff apprenait avec stupéfaction que huit joueurs étaient positifs et devaient subir une quarantaine sur place. Celle-ci se terminera le 27 décembre : l’Allemagne jouera donc ses deux premiers matchs en effectif réduit, sans Florian Bugl, Maksymilian Szuber Lucas Flade, Joshua Samanski, Niklas Länger, Markus Schweiger, Jan Nijenhuis et Filip Reisnecker, rien que ça. Par chance, il reste assez de gardiens pour pouvoir jouer…

Le staff se défend et estime ne rien avoir à se reprocher. Aucun repas n’a été pris en commun avant le troisième test PCR négatif lors du regroupement à Füssen. Pire, un membre du staff a encore été testé positif lundi dernier. En attendant, l’Allemagne jouera le Canada et la Finlande sans le moindre match de préparation.

Le coach Tobias Abstreiter n’a pas non plus pu compter sur Moritz Seider : le défenseur vedette, grand espoir de Detroit, a préféré se concentrer sur sa saison à Rögle en élite suédoise, avant de rejoindre la NHL mi-janvier. « Nous aurions soutenu sa décision quel que soit son choix », a assuré Ryan Martin, assistant du manager général des Wings. Le choix est donc venu de Seider lui-même.

Il reste toutefois les deux meilleurs marqueurs de l’édition 2020. Tim Stützle (OTT) et John-Jason Peterka (BUF) seront de la partie. Le premier, récent n°3 de la draft, avait marqué cinq assistances l’an dernier et centrera la première ligne, à peine remis d’une opération de la main subie le 15 octobre, blessure survenue lors d’un entraînement avec Mannheim. Il pourrait rejoindre les Senators pour la reprise NHL mi-janvier. Peterka avait lui marqué quatre buts, et compte 16 points en 12 matchs depuis son prêt àSalzbourg en ICE HL (Autriche). Florian Elias, buteur prolifique en troisième division allemande, sera lui aussi à suivre malgré un gabarit modeste. Enfin, au rayon « attaquants de poche », Samuel Dubé et Marcus Schweiger seront parmi les plus petits du tournoi.

Orpheline de Seider, la défense lancera Luca Munzenberger, 17 ans, éligible à la draft 2021. Le n°1 sera Maximilian Glötzl. L’offensif Maksymilian Szuber se chargera du jeu de puissance. Aucun défenseur n’évolue en élite, un manque d’expérience qui pourrait coûter cher. Au total, 14 joueurs sont nés en 2002, ce qui fait de l’Allemagne l’une des équipes les plus jeunes du tournoi.

 

Flag of Switzerland (Pantone).svgLa Suisse de Marco Bayer comptera cinq joueurs qui ont disputé le tournoi l’an dernier, où le groupe avait surpris la Finlande en tour préliminaire, dont Simon Knak, éligible pour la draft 2021 et désigné capitaine. Gaetan Jobin, buteur en préparation contre l’Autriche, et Joel Salzgeber sont les autres jeunes talents à suivre.

Les Helvètes ont eux aussi été touchés par la pandémie. Kevin Lindenmann et Yves Stoffel ont été testés positifs et sont donc absents. Dommage collatéral, Jannick Canova, qui partageait la chambre de Stoffel, a lui aussi été écarté.

On suivra avec attention Lorenzo Canonica, l’un des meilleurs marqueurs du championnat junior suisse (11 buts et 19 pts en 20 matchs). Enfin, Ray Fust a signé le meilleur bilan des amicaux de juillet avec 6 pts en trois matchs, dont un doublé dans une victoire 8-4. Il connaît les glaces nord-américaines, pour avoir joué en lycée à Northwood school en vue d’une carrière NCAA.

En défense, seuls Rocco Pezzulo et Bastian Guggenheim ont joué le Mondial junior 2020. L’attraction sera Inaki Baragano, auteur de quatre points lors des trois amicaux contre l’Allemagne en juillet, après une saison à Kamloops en WHL. L’arrière a marqué contre l’Autriche dans le seul match de préparation.

Dans les cages, les trois gardiens manquent de références. Thibault Fatton, solide avec l’équipe junior de Lugano, devrait être titulaire, secondé par Noah Patenaude, qui évolue au Québec. Andri Henauer, fils de l’ancienne skieuse Corinne Schmidhauser, sera le n°3.

Comme d’habitude, la Suisse ambitionne un parcours hors de la phase de poule. Pas de relégation cette saison, mais le match contre la Slovaquie et celui contre l’Allemagne sont cerclés de rouge afin de se glisser en quarts de finale. La victoire 3-2 contre l’Autriche en préparation aura donné une certaine confiance, même si la rencontre a été bien plus serrée qu’attendu.

 

Flag of Slovakia.svgLa Slovaquie n’a pas fait de vagues avec la pandémie, mais a quand même fait l’actualité extra-sportive. Lors d’un match d’entrainement entre les candidats à la sélection répartis en « bleus » et « rouges », l’attaquant vedette Maxim Čajkovič a tout simplement envoyé Samuel Krajč à l’hôpital avec une commotion cérébrale. Le jeu « bouillant » du troisième tour de draft de Tampa Bay prive son coéquipier du Mondial junior. Et il semble que l’œuvre de l’ancienne star de l’équipe U18 ne se soit pas arrêtée là : l’ailier a été exclu pour « violation flagrante des valeurs sportives et humaines ». Jugé arrogant, le peu populaire Čajkovič a franchi les limites une fois de trop et la Slovaquie se passera de son talent réel (10 pts en 17 matchs avec Bratislava).

Le coach, l’ancien international Róbert Petrovický, mise tout sur son meilleur joueur : le gardien Samuel Hlavaj, éligible à la draft 2021. Brillant avec Sherbrooke en ligue du Québec l’an dernier (33 victoires en 38 matchs), il avait cependant calé l’an dernier au Mondial avec 85% d’arrêts. Il faut dire que la défense avait concédé 35 tirs par match, et que l’attaque n’avait marqué que neuf buts. Seule une victoire contre le Kazakhstan leur avait sauvé la mise.

Pour améliorer la défense, Samuel Kňažko est de retour après avoir été choisi au troisième tour de draft par Columbus. Il apportera sa vision offensive. À ses côtés, le grand Oliver Turan assumera le côté physique. On suivra aussi Marko Stacha et David Mudrak, tous deux dans le viseur des ligues juniors canadiennes. Mudrak, qui jouait l’an dernier à Oshawa en OHL, avait marqué trois assistances dans le tournoi 2020. Enfin, le tout jeune Šimon Nemec est de la partie : à 16 ans, le défenseur éligible en 2022 est devenu le plus jeune joueur de l’histoire à marquer un point en élite slovaque, avec le HK Nitra. Il est très rare de voir un joueur si jeune au Mondial junior côté slovaque, ce qui traduit bien le potentiel remarquable du défenseur.

Deux attaquants sont des revenants de l’édition 2020 : Michal Mrázik, qui évolue en Suède, et Dominik Jendek. Martin Chromiak (LAK) s’annonce comme la principale arme offensive après une saison solide avec Kingston en OHL. Robert Baco et Oleksii Myklukha peuvent aussi contribuer. Ce dernier a joué quelques matchs en ligue du Québec. On suivra aussi Juraj Slafkovsky, remarqué en Finlande, attaquant de gros gabarit, né en 2004, tout comme Filip Mešár : l’effectif a donc été sérieusement rajeuni, puisque l’on décompte trois joueurs de seize ans au total.

Malgré tout, l’ensemble ne paraît pas très dangereux à ce niveau, illustrant le déclin du hockey slovaque. Lors des six matchs de préparation, les U20 slovaques n’ont marqué que cinq buts… Et la sélection, pas évidente, a poussé le staff à emmener 30 joueurs à Edmonton pour trier sur place ! Le dernier match, la veille du début du tournoi, fut une déroute 6-0 contre le voisin tchèque, avec seulement 14 tirs cadrés. Il y a de quoi se montrer pessimiste…

Dans une année si particulière, où les préparations ont été si perturbées, bien malin sera celui qui parviendra à prédire l’issue du groupe A.

 

Groupe B

Flag of Russia.svgL’autre favori du tournoi, c’est le finaliste 2020, la Russie. Battue de justesse l’an dernier sur un but tardif et une fin de match rocambolesque, la Russie a sorti l’artillerie lourde. La KHL n’a pas fait pause, et joue « comme avant » dans le déni le plus total de la pandémie. Du coup, les effectifs puisent allègrement dans le réservoir des jeunes dès qu’un joueur est testé positif.

La chance des jeunes, c’est donc de pouvoir se frotter aux meilleurs. L’honneur de la patrie exige clairement le titre en U20, et c’est dans cette optique que la sélection U20 a été envoyée disputer la Karjala Cup en novembre. Les coachs adverses ont ronchonné d’un tel déséquilibre… avant de se heurter à Yaroslav Askarov (96,2% d’arrêts) et une bande de gamins insouciants, qui ont tout simplement gagné les trois matchs.

Le portier, décevant au Mondial 2020, devra jouer à son meilleur niveau. Devant lui, une défense sans grande vedette, avec en n°1 Shakir Mukhamadullin, premier tour surprise des Devils, très solide depuis le début de la saison de KHL. On suivra avec attention Daniil Chayka et Semyon Chistyakov. Le reste est moins connu et semble le talon d’Achille de l’équipe.

L’attaque dispose d’armes exceptionnelles, même si seuls Maxim Groshev (TB) et Vasili Podzolkin ont connu le Mondial 2020. Une première ligne composée de Marat Khusnutdinov (MIN), Rodion Amirov (TOR) et du capitaine Podzolkin (VAN) a de quoi faire éclater n’importe quelle défense. Derrière, Egor Afanaseyev (NSH), Mikhail Abramov (TOR) et Arseniy Gritsyuk (NJ), ou encore Yegor Chinakhov (CBJ) : de la variété, mais peut-être un manque de constance et de discipline. Ce sont les deux écueils qui ont coûté le titre 2020.

Il faudra voir si le nouvel entraîneur, Igor Larionov, le « Professeur » de Detroit, saura corriger ces défauts. Amirov s’est déjà fait remarquer lors de la coupe Karjala avec trois buts, alors que Podzolkin a signé cinq points, Afanaseyev quatre, Chinakhov trois, et en compte 15 en 27 matchs de KHL. Cette attaque explosive n’a cependant pas trouvé la faille face aux Canadiens lors du seul match de préparation, une courte défaite 1-0. Askarov a tenu le fort 40 minutes, avant de laisser sa place à Arthur Akhtyamov, qui a concédé le seul but du match.

La Russie a fini sur le podium lors de 9 des 10 dernières éditions. Son dernier titre remonte en revanche à 2011, une éternité…

 

Etats-Unis d'AmériqueCôté États-Unis, la Covid aura eu raison des joueurs de Boston University. Prévus dans la liste initiale, Robert Mastrosimone, le gardien Drew Commesso et le défenseur vedette Alex Vlasic ont dû laisser leur place à Hunter Skinner, Logan Stein et Tyler Kleven à la veille du départ au camp d’entrainement (et à la mise en quarantaine). La compétition de ce camp aura été dense, mais fatale à deux joueurs. Testé positif, John Beecher a été recalé non pas sur des critères de performance, mais à cause de ce maudit covid. Dommage collatéral, Thomas Bordeleau, impressionnant au camp, a été contraint de rentrer à la maison car il partageait la même chambre. Pas de chance pour le Franco-Canado-Américain espoir de San Jos »…

L’effectif a fière allure, avec de nombreux premiers tours de draft comme le sniper Cole Caufield (MTL), les meneurs de jeu Alex Turcotte (LAK) et Trevor Zegras (ANA) ou encore le sniper Arthur Kaliyev (LAK). Des joueurs qui ont réalisé des prouesses en U18 il y a deux ans, mais ont cédé dès les quarts de finale l’an dernier dans une défaite 1-0 contre la Finlande. Jack Hughes, qui était encore éligible, n’a pas été libéré par les Devils du New Jersey, et manquera à l’appel. Mais il reste du monde : le premier choix du Wild Matthew Boldy, Brett Berard (NYR), Patrick Moynihan (NJ) pour les tâches défensives, Bobby Brink (PHI)… et la révélation Matt Beniers, qui vise le top-5 de la prochaine draft, fort de son début de saison flamboyant à l’université du Michigan.

Défensivement, le potentiel de Cam York (PHI) comme meneur de jeu est évident. La perte de Vlasic est un coup dur, mais il reste le top-5 de la dernière draft Jake Sanderson (OTT) et des profils comme le premier tour de draft Ryan Johnson (BUF), le deuxième tour Drew Hellesson (COL) ou Henry Thrun (ANA).

L’atout maître sera cependant le poste de gardien, avec un Spencer Knight (FLO) stratosphérique dans tous les tournois internationaux. Les Américains ont battu la Finlande 3-2 sur leur unique match de préparation, avec deux buts de Cole Caufield en 35 secondes.

 

Flag of Sweden.svgHabituée au succès (20 médailles à ce niveau), la Suède reste sur une série de 52 matchs sans défaite en tour préliminaire (dernière défaite le 26 décembre 2006). C’est généralement après que cela coince : la dernière médaille d’or remonte à 2012, et on ne trouve que cinq médailles sur les dix dernières éditions.

Le duo magique Lucas Raymond – Alexander Holtz sera le fer de lance d’une formation scandinave décimée par la Covid. Les choix politiques du pays – pas de confinement ni de port du masque – n’ont pas vraiment fonctionné, et la pandémie y a fait des ravages bien plus importants que chez ses voisins norvégiens et finlandais. Le choix a permis au sport de s’y maintenir avec quelques contraintes : le hockey a repris à l’automne, les championnats ont accueilli pléthore d’espoirs NHL, y compris nord-américains… mais la maladie a repris ses droits. La Suède a donc dû se séparer de plusieurs joueurs avant même le départ : l’attaquant William Eklund, révélation de la saison (14 pts en 19 matchs en SHL) et grand espoir 2021, écarté car positif la veille du départ, mais aussi Karl Henriksson, qui devait centrer la première ligne, le défenseur William Wallinder et l’attaquant Albin Grewe.

Pour ne rien arranger, des membres du staff, à commencer par l’entraîneur Tomas Montén, l’assistant Anders Lundberg, le coach vidéo Adam Almqvist et l’entraîneur des gardiens Nizze Landen, ont eux aussi été testés positifs. Le délai des quinze jours compliquait la tâche de la fédération suédoise, qui aurait aimé confier les rênes à Daniel Alfredsson, l’ancienne gloire NHL étant déjà en Amérique, à Ottawa. Las, l’IIHF n’a pas validé son entrée dans la « bulle » et c’est donc l’entraîneur des U18 de Rögle, Joel Rönnmark, qui dirigera l’équipe. Il jouait le rôle d’adjoint lors des deux dernières éditions.

Raymond (DET) et Holtz (NJ) offrent une combinaison passeur/buteur formidable, mais l’absence de leur centre habituel les forcera à travailler de nouveaux automatismes. L’heureux gagnant au poste de centre est Theodor Niederbach (DET) qui sera chargé d’alimenter les deux pépites. Derrière eux, il reste du monde avec notamment Simon Holmström (NYI), qui jouait en AHL l’an dernier, Arvid Costmar (VAN) ou Noel Gunler (CAR). Le petit gabarit (1m72) de Zion Nybeck contraste par ailleurs avec l’immense tour de contrôle Elmer Söderblom, 2m02 et 108 kg.

La défense a fière allure même sans Wallinder positif au Covid-19. Le capitaine Filip Broberg mènera la danse presqu’à domicile, puisqu’il a été choisi au premier tour par les Oilers d’Edmonton. Il sera sur place pour la reprise NHL juste après le tournoi. À ses côtés, des premiers choix de draft comme Tobias Björnfot (LAK) et Victor Söderström (ARI), lequel avait marqué 6 pts en 7 matchs l’an dernier. On trouve aussi un duo d’espoirs de Detroit, Gustav Berglund et Albert Johansson, et le deuxième tour de draft de Philadelphie, Emil Andrae. Solide…

Mieux, le gardien Hugo Alnefelt (TB) s’annonce comme l’un des meilleurs du tournoi. La Suède devra toutefois digérer les rebondissements de cette préparation : les joueurs vont sortir de quarantaine juste à temps pour le début du tournoi, mais n’auront pas le moindre match de préparation sous les patins. Le premier match samedi contre les Tchèques risque d’être difficile.

 

Flag of the Czech Republic.svgL’avantage de la glace l’an dernier n’a pas vraiment suffi à sortir les Tchèques du lot, la faute à quelques blessures au mauvais moment, avec une septième place. L’édition 2021 s’annonce du même calibre, mais l’effectif conserve certains talents. Suffisant pour retrouver le podium ? Pas sûr : la médaille élude le pays depuis le bronze de 2005, et il peine à remporter plus de deux matchs dans le tournoi année après année. Le coach Karel Mlejnek devra trouver des solutions.

L’attaque s’appuiera principalement sur l’espoir de Montréal, le centre Jan Myšák, qui avait tiré son épingle du jeu lors du mondial l’an dernier, dans une saison alternée entre élite tchèque et OHL. À ses côtés, Pavel Novák (MIN), buteur mercredi, et Jaromir Pytlik (NJ) affichent eux aussi des qualités certaines et de la polyvalence. Adam Raška (SJ) avait participé l’an dernier, sans marquer le moindre point, mais a marqué en préparation. Enfin, Michal Teplý (CHI) reste sur une excellente saison en WHL et avait inscrit cinq assistances lors du Mondial junior 2020. En somme, l’attaque compte des joueurs de qualité, plutôt dans des profils de soutien. Pas de véritable star, mais parfois l’homogénéité peut aussi être une force.

La défense est du même calibre, avec un joueur intrigant : Stanislav Svozil, 17 ans. Le jeune arrière a été désigné rookie de l’année en Extraliga tchèque l’an dernier et dispose d’un réel potentiel offensif. Il a signé trois assistances dans le match contre la Slovaquie mercredi soir, lors de la victoire très rassurante 6-0 des Tchèques en préparation.

Le poste de gardien ne propose pas de réel numéro 1. Jan Bednář, le plus âgé Lukáš Pařík et Nick Malik (fils de l’ancien défenseur NHL Marek) semblent de niveau équivalent.
La grande question pour les Tchèques n’est pas vraiment de savoir s’ils atteindront les quarts, ce qui est une certaine constante chez eux. Mais de savoir s’ils parviendront enfin à en sortir vainqueurs…

 

Austria FlagPromus après le tournoi de D1A l’an dernier où ils ont battu la Lettonie dans un match décisif, les Autrichiens profitent de l’aubaine : il n’y aura pas de relégation cette saison. Ce n’est que la quatrième apparition du pays à ce niveau-là (1981, 2004, 2010). Une performance inattendue car l’équipe pensait plutôt lutter pour le maintien l’an dernier en D1A…

Du coup, les U20 seront la seule équipe nationale autrichienne à jouer cette saison, puisque le Mondial de D1 senior est annulé. Pour diriger l’équipe, la fédération a choisi Roger Bader. Le sélectionneur des seniors n’avait pas vraiment de match à préparer et il remplace donc l’habituel entraîneur des U20 Marco Pewal, puisque Villach n’a pas souhaité le libérer pour plus d’un mois avec les contraintes de la bulle, lui qui cumule sa fonction en équipe nationale junior avec celle d’assistant coach en club. Bader devait de toute façon participer au Mondial en tant que manager, un rôle qui sera tenu par Tamara Steiner.

Cette saison, l’Autriche pourra compter sur son diamant brut Marco Rossi. 9e choix de la récente draft par Minnesota, la star des Ottawa 67’s a signé 120 pts en 56 matchs en OHL l’an dernier, meilleur compteur des trois ligues canadiennes, rien que ça. La pandémie a bien sûr perturbé la préparation mais laissé aussi bien du temps pour travailler sur le physique ou le patinage. Rossi a joué quelques piges en Suisse du côté de Zurich et semble prêt à mener un effectif par ailleurs très anonyme.

L’essentiel de l’équipe manque de références au haut niveau, avec quelques ligues mineures finlandaises (le gardien Jakob Brandner, le défenseur Niklas Wetzl) ou tchèque (le défenseur Lukas Necesany). Le défenseur Luis Lindner est le seul autre à compter sur une expérience nord-américaine, après une saison chez les Boston Bruins Jr. Son commentaire témoigne des ambitions de l’équipe : « nous ne voulons pas être confondus avec le pays des kangourous ». Pour un pays qui ne compte aucune victoire à ce niveau – à peine un nul contre l’Ukraine en 2004 – la tâche s’annonce ardue…

Lors du seul match de préparation, l’Autriche a bien tenu en ne s’inclinant que 3-2 face à la Suisse, avec un but et une passe de Mathias Böhm – une superbe assistance entre les jambes pour Leon Wallner. Rossi a été désigné joueur du match, en dépit d’une méconduite de dix minutes pour une charge contre la bande.

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